1912

1912 est une année bissextile commençant un lundi.

14 avril : naufrage du Titanic. Dessin de Willy Stöwer. Lors de sa première traversée, de Southampton à New York, le Titanic, alors le plus grand paquebot du monde, heurte un iceberg au large de Terre-Neuve. Le bloc de glace créé des voies d’eau, à tribord, en dessous de la ligne de flottaison. Malgré le travail des pompes, le bâtiment coule en deux heures quarante. Environ 2 200 personnes se trouvaient à bord, mais les canots de sauvetage ne pouvaient accueillir que 1 178 passagers. Les femmes et les enfants sont privilégiés pour l’embarquement dans les canots, et 18 des 20 canots sont correctement mis à la mer, dont la plupart ne sont pas remplis à pleine capacité. Environ 1 500 personnes périssent dans les eaux glacées et les rescapés sont recueillis par le Carpathia quelques heures après le naufrage.

Afrique

Une rue du mellah, le quartier juif de Fès après l’insurrection du 17 avril.
  • 17 - 19 avril : insurrection de Fès, réprimée par le général Moinier ; les tabors massacrent leurs officiers français et envahissent les rues pour protester contre le protectorat français sur le Maroc, rejoints par la population ; le quartier juif est saccagé pour châtier ses habitants du bon accueil qu’ils ont fait aux soldats français[6].
  • 28 avril : Hubert Lyautey est nommé commissaire-résident général au Maroc[7]. Il arrive à Fès le 24 mai et rétablit l’ordre[8].
  • 25 mai : décret fixant les conditions d’accession des indigènes de l’AOF à la qualité de citoyen français[9].
9 septembre : la colonne Mangin entre dans Marrakech.
  • 29 septembre : Georges Hardy, est nommé inspecteur de l’enseignement en AOF[13]. Le Service de l’Enseignement en AOF créé en 1903 est réorganisé. Il est dirigé par le gouverneur général, assisté d’un inspecteur de l’enseignement (arrêtés des , et , )[14].


  • Création à Saint-Louis du Parti des Jeunes Sénégalais, premier parti politique du Sénégal[16].
  • Création à Karonga du Nyassa Native Association, première associations indigène au Nyassaland[17].

Amérique

Deux Marines américains devant la colline de Coyotepe, près de Masaya, au Nicaragua en octobre 1912, après la prise du fort des rebelles.

Asie

  • 7 mars : la République de Chine est proclamée à Lhassa. Mais la population tibétaine s’insurge contre la présence chinoise[28]. Des affrontements entre volontaires tibétains et troupe chinoises ont lieu à Pemajong, entre Gyantse et Shigatse le 16 mars et à Gyantse le 28 mars, ou les militaires chinois sont désarmés[29]. En mai, la garnison chinoise de Lhassa est encerclée par 20 000 soldats tibétains[30] et le président chinois Yuan Shikai envoie des troupes du Sichuan en juillet pour la relever[31].
10 mars : Yuan Shikai prend ses fonctions de président de la république de Chine.
  • 11 mars : promulgation de la Constitution provisoire de la République de Chine par le Conseil national de Nankin[27].
  • Mai, Mongolie : début du siège de Kobdo par les insugés mongols.Le gouverneur mandchou, qui compte sur une aide de la province du Xinjiang, résiste[33].
  • 7 août, Mongolie : capitulation de Kobdo à l’approche des troupes chinoises. Une intervention russe évite la reprise des hostilités. Kobdo rejoint le nouvel état mongol en hiver 1913[33].
  • 12 août : signature d’un accord en trois points entre le Tibet et la République de Chine sur le départ des ambans, en présence de représentants du Népal[37].
Les troupes chinoises quittent Lhassa.
  • 25 septembre : l’amban Chung Ying, encerclé par les forces tibétaines dans sa résidence de Lhassa, doit accepter de se retirer du Tibet avec les derniers militaires chinois[30].

Proche-Orient

  • 24 février : la flotte italienne détruit deux navires turcs dans le port de Beyrouth et bombarde la ville[45].
  • 23 novembre : un échange de lettre entre le Foreign Secretary Edward Grey et le diplomate Paul Cambon aboutit le à un accord naval franco-britannique qui permet de mettre fin à tout contentieux entre les deux pays sur la question syrienne. La Grande-Bretagne accepte de confier la défense de ses possessions de Méditerranée orientale à la flotte française en échange d’une protection des côtes françaises par ses navires[48]. Le 5 décembre, le gouvernement britannique déclare à la France qu’il n’a pas de visées politiques en Syrie[49].
  • Décembre : fondation au Caire du parti de la décentralisation administrative ottomane[50], essentiellement par des émigrés syro-libanais, comme des membres de grandes familles syriennes tels les ‘Azm ou des réformistes musulmans comme Rashid Rida. Son programme consiste essentiellement à l’octroi de réformes décentralisatrices pour la Syrie, proche de l’autonomie ou bien dans le cadre d’une fédération avec l’Égypte.

Europe

  • 12 janvier : succès socialiste aux élections au Reichstag en Allemagne[51]. Les conservateurs n’obtiennent que 163 sièges pour 197 aux progressistes. Victoire des sociaux-démocrates : avec 34,8 % des suffrages, il s’assurent 110 sièges. C’est le parti le plus représenté. Au lendemain du scrutin, les libéraux, effrayés par la poussée socialiste, rejettent l’idée d’une alliance regroupant tous les réformateurs. Le chancelier ne peut pas trouver une majorité susceptible de voter les projets de réforme.
  • 28 janvier : première grève générale au Portugal[52].
  • 10 avril : le gouvernement du Reich annonce le vote de la nouvelle loi navale[58].
  • 11 avril : loi donnant le Home Rule à l’Irlande, exécutoire en 1914 malgré l’opposition des Lords. Menace de guerre civile. Les loyalistes se regroupent dans l’association paramilitaire des Volontaires d’Ulster (Ulster Volunteers)[59].
  • Juin : loi de défense en Autriche-Hongrie. Adoption du service militaire de deux ans[63].
  • 30 juin : loi électorale instituant le suffrage universel masculin en Italie[64]. 52 socialistes et 33 catholiques entrent au Parlement en 1913.
  • 13 juillet : les chefs d’état-major français Joffre et russe Jilinski signent un protocole d’entente qui améliore les conditions dans lesquelles les armées russe et française s’appuieraient réciproquement en cas de conflit[56].
  • 8 août, Royaume-Uni : Cecil Chesterton, directeur du journal The New Witness publie un article sous le titre « The Marconi Scandal »[65]. Début d’une affaire de délit d’initiés concernant l’introduction en bourse de la compagnie Marconi, qui implique plusieurs ministres du gouvernement britannique.
Les délégués des États des Balkans à la conférence de Londres. De gauche à droite : Stéphanos Skouloúdis (Grèce), Stojan Novakovic (Serbie), Georgios Streit (Grèce), Andra Nikolić (Serbie), Eleftherios Venizelos (Grèce), Lujo Vojnovic (Monténégro), Ioannis Gennadios (Grèce), Stoyan Daneff (Bulgarie), Michail Madjarov (Bulgarie), Jovo Popovic (Monténégro), Stefan Paprikov (Bulgarie), Lazar Mijushkovic (Monténégro).


Other Languages

Copyright