1920

1920 est une année bissextile commençant un jeudi.

Afrique


  • Création à Lagos de la Nigerian Improvement Association[16].

Amérique

Asie

Proche-Orient

  • 6 janvier : accord secret signé entre Georges Clemenceau et Fayçal, fils d’Hussein. Reconnaissance d’un protectorat français sur le Liban ; reconnaissance par la France de l’indépendance de la Syrie avec Fayçal pour chef d’État et Damas pour capitale ; nomination d’un haut-commissaire français en Syrie, chargé des relations de la France avec l’émir et envoie de conseillers français auprès du gouvernement arabe. Fayçal reconnaît la primauté des intérêts économiques et culturels français dans son pays. L’accord n’est pas rendu public et ne sera jamais appliqué[40].
  • 21 janvier : offensive turque en Cilicie contre la France[41].
  • 28 janvier : la Chambre des députés turque adopte le « Pacte national » proclamant l’indivisibilité des territoires non occupés[42].
  • 10 février : les Français se replient de Marach en Cilicie ; 7 000 à 8 000 Arméniens sont massacrés dans la ville et dans ses environs après leur départ[43].
  • 17 février : la conférence de Londres aborde la question du Proche-Orient[44]. Elle confirme l’abandon de Fayçal par le Royaume-Uni. Lloyd George obtient une rectification de frontière, au profit du Royaume-Uni, au nord de la Galilée[45].
  • 1er mars : attaque de la colonie juive de Tel Haï, en haute Galilée, par un groupe de combattants chiites (isabat) venus du Sud-Liban. Les nationalistes arabes de Damas lancent un raid sur la Galilée et causent des pertes humaines dans certaines colonies juives de la région, qui doivent être évacuées[46]. Début des troubles en Palestine mandataire contre la politique britannique de création d’un foyer national juif. Les Juifs décident de s’armer clandestinement (création de la Haganah) tandis que l’« Agence juive » est créée pour racheter de la terre aux Arabes.
  • 7 mars : le Congrès national arabe réuni à Damas proclame Fayçal roi de Syrie et Abdallah roi d’Irak[40].
  • 16 mars : Istanbul est occupé officiellement par les Alliés qui investissent les ministères, font arrêter des notables et occupent tous les bâtiments publics. Le sultan reste passif, ce qui entraîne la dissolution de la chambre le 18 mars et la reprise des hostilités[42].
Ruines de la partie arménienne de la ville de Chouchi après le pogrom perpétré par l’armée azerbaïdjanaise.
  • 22-23 mars : échec d’un soulèvement arménien à Chouchi, dans le Haut-Karabagh ; la répression par les troupes azéries, rejointes par les habitants azéris de la ville, tourne au pogrom[47] (de 10 000 à 20 000 Arméniens sont tués en 4 jours[48]).
4 avril : fête du Nabi Musa à Jérusalem avant les émeutes.
  • 4 avril : émeutes en Palestine. Lors de la fête du Nabi Musa à Jérusalem (pèlerinage musulman en l’honneur de Moïse), les quartiers juifs sont attaqués, faisant 9 morts et 237 blessés. Accusé de n’avoir su contrôler la situation, le maire Musa Kazim al-Husseini est destitué par les Britanniques. Son frère Amin est accusé d’être un des organisateurs de l’émeute et condamné par contumace à une lourde peine de prison[46].
  • 11 avril, Campagne de Cilicie : la garnison française d’Ourfa évacue la ville après un siège de soixante et un jours[43].
  • 23 avril, Turquie : réunion à Ankara de la Grande assemblée Nationale qui se déclare représentative de la nation et qui délègue ses pouvoirs à Mustafa Kemal[42].
  • 24 avril : plus de 2 000 Bédouins armés, originaires du Hauran et de la région de Beisan, attaquent une unité militaire britannique à Zemah. Le soulèvement général, espéré par les nationalistes palestiniens réfugiés à Damas qui ont organisé le raid, échoue cependant[46].
  • 25 avril : fin de la conférence interalliée de San Remo. La SDN confie le mandat sur la Palestine, la Transjordanie et la Mésopotamie au Royaume-Uni. La France obtient un mandat sur la Syrie et le Liban et renonce aux Capitulations en Palestine[49]. Fayçal, qui a refusé de se rendre à la conférence, est sommé de se plier aux décisions prises.
  • 28 avril : l’Armée rouge entre à Bakou. La République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan est proclamée. Un traité d’alliance est signé avec la République socialiste fédérative soviétique de Russie le 30 septembre[50].
  • 7 mai : l’indépendance de la Géorgie est reconnue par la Russie soviétique[50].
  • 11 mai, Istanbul : sur ordre du Sultan, la cour martiale condamne à mort par contumace Mustafa Kémal et plusieurs de ses partisans[42].
  • 19 mai : des manifestations chiites éclatent à Bagdad en collusion avec les sunnites à l’occasion du ramadan. Le 24 mai, un jeune homme nommé Isa Abd al-Qadir est arrêté pour avoir lu un poème nationaliste à la mosquée al-Jilani, considéré comme « dangereux pour le l’ordre public » par l’administrateur colonial Arnold Wilson. À l’occasion d’une manifestation, 15 délégués sont désignés pour représenter la population auprès des autorités britanniques et demander la réunion d’un congrès irakien pour définir l’avenir du pays ; Arnold Wilson, qui les reçoit le 2 juin, rejette leurs demandes[51].
  • 28 mai, campagne de Cilicie : le général Gouraud, commandant des Forces françaises du Levant, signe avec les Turcs un armistice provisoire avec effet à compter du 1er juin pour se retourner contre l’émir Fayçal qui l’attaque dans le Sud, et l’écraser (fin le 20 juin)[52].
  • 2 juin : début d’une révolte tribale en Irak préparée par les notables chiites contre le gouvernement militaire britannique[53]. Chassés de la région du Moyen-Euphrate, les Britanniques n’en reprennent le contrôle qu’après plusieurs mois de combats, faisant plus de 8 000 morts du côté irakien. Le coût financier de la reprise en main militaire est considérable. Le mouvement insurrectionnel échoue en raison des divisions politiques. Les grands shaykhs rivaux du sud sont restés fidèles au Royaume-Uni, comme les nationalistes arabes d’origine irakienne chassés de Damas par les Français. Les Britanniques doivent créer un gouvernement autonome avec à sa tête le roi hachémite Fayçal.
  • 7 juin : à la suite du rapport de la commission Milner, des négociations s’ouvrent à Londres entre le gouvernement britannique, le Wafd et les représentants du gouvernement égyptien[54]. Elles aboutissent le au mémorandum « Milner-Zaghlul »[55]. Londres propose un abandon du protectorat mais demande la reconnaissance des intérêts britanniques en Égypte. Saad Zaghlul veut obtenir davantage en faveur de l’indépendance, ce qui entraîne la rupture des pourparlers en octobre.
  • 20 juin[52] (ou le 18 juin[43]) : reprise des combats en Cilicie entre les kémalistes et les Français (fin en février 1921). Combats incertains, en particulier à Aïn-Tab, qui reste partagée.
  • 22 juin : offensive grecque contre les kémalistes en Turquie avec l’accord des Alliés ; les Grecs entrent à Bursa le 8 juillet[42].
  • 30 juin : Sir Herbert Samuel, libéral de confession juive favorable au sionisme nommé haut-commissaire civil en Palestine, arrive à Jérusalem[56]. Il considère que la puissance publique ne doit pas intervenir pour financer le foyer national juif mais seulement permettre les conditions de son épanouissement. Il octroie ainsi des terres et des concessions industrielles aux sionistes et délivre des certificats d’émigration aux Juifs de Russie qui fuient la guerre civile. En août, il amnistie les personnalités arabes condamnées à la suite des émeutes d’avril.
23 juillet : Gouraud inspecte les troupes françaises à la bataille de Maysaloun
2 décembre : l’Armée Rouge entre à Erevan.

Europe

Manifestation contre le putsch de Kapp.
Guerre soviéto-polonaise. Affiche de propagande soviétique. Le gouvernement nationaliste d’Ukraine s’allie avec la Pologne contre la Russie. L’avancée des troupes bolcheviques permet au gouvernement soviétique d’Ukraine de prendre le contrôle du pays.
20-28 septembre : bataille du Niemen.


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