1923

1923 est une année commune commençant un lundi.

Afrique

  • 15 mai : publication à Paris du journal Le Libéré créé par le malgache Jean Ralaimongo pour soutenir la Ligue pour l’accession des indigènes de Madagascar aux droits de citoyens français. Ralaimongo rentre définitivement à Madagascar[4].
  • 1er juillet : décret instituant Léopoldville capitale du Congo belge (transfert effectif en 1929)[5].
  • 25 juillet : le Devonshire White Paper proclame que « le Kenya étant avant tout un territoire africain, les intérêts des Africains devaient y passer avant tout ». Le gouvernement colonial concède la création d’un Legco (Legislative Council) où des membres élus représentent les Européens, les Indiens et les Arabes, tandis que les intérêts des Africains sont défendus par un missionnaire désigné par le gouverneur[6].
Carte du Ruanda-Urundi.
  • 1er octobre : la Rhodésie du Sud devient colonie de l’empire britannique. Elle obtient une autonomie interne qui assure de fait la prépondérance aux Européens, excluant les 96 % d’Africains[10].

Amérique

Asie

  • 26 janvier : accord entre Sun Yat Sen et l’envoyé soviétique Adolf Joffe en République de Chine. Sun Yat-sen réorganise le Guomindang et son armée avec l’aide et les conseils du Komintern[18].
  • 9 avril : promulgation d’une constitution en Afghanistan[19]. Gouvernement constitutionnel. Réformes. Les titres de noblesse sont abolis, l’enseignement pour les femmes est décrété, et d’autres mesures radicales destinées à moderniser les institutions traditionnelles sont imposées.
  • 24 avril : l’ancien ministre de l’Intérieur Gotō Shinpei informe le diplomate russe Adolf Joffé que le gouvernement japonais est prêt à organiser une nouvelle conférence russo-japonaise à condition d’obtenir satisfaction sur les questions de Sakhaline et de l’incident de Nikolaïevsk[20]. Joffé se rend officieusement en mission au Japon de juin à novembre sans pouvoir conclure d’accord, mais un traité est finalement signé le [21].
  • Août : troubles et activité terroriste à Calcutta. Le terrorisme au Bengale connait deux phases principales, de 1923 à 1927 et de 1929 à 1935[22].

Proche-Orient

Réfugiés musulmans pendant l’échange des populations.
  • 30 janvier : accord gréco-turc qui prévoit pour le 1er mai l’échange des populations entre les deux pays (il concerne 1 500 000 personnes, dont 190 000 Grecs orthodoxes et 356 000 musulmans, plus les 800 000 Grecs déjà exilés avant l’accord)[26].
  • 19 avril : adoption d’une Constitution en Égypte, qui prévoit un régime parlementaire bicaméral avec une Chambre des députés élue au suffrage universel et un Sénat composé de personnalités élues ou nommées par le roi. Ce dernier détient d’importants pouvoirs dont le droit de désigner le Premier ministre, de renvoyer le gouvernement et de dissoudre la chambre[27]. L’islam demeure la religion d’État. Le 30 mars, Saad Zaghlul est libéré (Indemnity Law) et le Wafd autorisé à reprendre ses activités politiques. La loi martiale est levée le 5 juillet[28].
  • 29 mai : la Constitution de la Palestine est suspendue par les Britanniques, en raison du refus des Arabes de participer aux élections législatives du 20 février[29].
  • 12 juillet : début de l’élection de l’assemblée constituante en Irak. Durant l’été, les principaux chefs religieux chiites (dont Mahdi Al-Khalisi, qui a publié une fatwa qui interdit aux Irakiens de participer aux élections) sont arrêtés et déportés en Perse[30]. Les élections s’achèvent le et le traité de protectorat avec la Grande-Bretagne de 1922 est ratifié par l’assemblée le [31].
Mustafa Kemal Atatürk à Edremit le 8 février 1923.

Europe

Il y a 23 États en Europe pour près de 18 000 km de frontières (51 États en 2006 pour 40 000 km de frontières).
Primo de Rivera entouré d’officier, photographie de 1923.
  • 2-4 janvier : conférence de Paris. « Rupture cordiale », entre la France et le Royaume-Uni : réunis à Paris, les Alliés ne parviennent pas à trouver un accord sur la question des réparations allemandes. Poincaré annonce que la France passera outre l’opposition britannique et fera occuper la Ruhr afin de contrôler les activités des usines et des mines de la région[55].
11 janvier : les troupes françaises entrent à Essen. Début de l'occupation de la Ruhr.
  • Mars : les Sections d’assaut (SA), réorganisées en unités combattantes, sont placées sous le commandement d’Hermann Göring[59].
  • 31 mars : cinquante mille ouvriers des usines Krupp manifestent à Essen pour protester contre la réquisition de camions par l’armée française. Violente répression qui fait 13 morts et 30 blessés[60].
  • 1er mai : les manifestations du 1er mai sont perturbées à Munich par des associations patriotiques et les SA. Des syndicalistes sont attaqués et les forces de l’ordre n’interviennent pas[59].
  • 16 mai : les mineurs de la mine Kaiserstuhl se mettent en grève à la suite d’une flambée des prix. Les négociations salariales échouent devant l’intransigeance des communistes. Une série de grèves sauvages est déclenchée dans la Ruhr. Des combats de rue éclatent[61].
  • 26 mai : en représailles aux attentats commis contre les troupes d’occupation, le militant nationaliste Leo Schlageter est jugé par un tribunal français et fusillé[57].
  • 6 juillet : répondant aux exigences britanniques, et à la suite d'une lettre du pape Pie XI du 27 juin, le gouvernement français répète qu’il refusera d’étudier les propositions de l’Allemagne tant que durera la résistance passive dans la Ruhr[62].
  • 11 juillet : le Parti communiste décide d’organiser une journée antifasciste le 29 juillet. Il rallie de nombreux syndicalistes et de sans-parti. La manifestation est interdite dans la plupart des États, mais se déroule sans heurts[63].
Billet d’un million de marks émis le 9 septembre. Hyper inflation en Allemagne : alors qu’un mark-or valait 46 marks-papier en janvier 1922 il en vaut 84 000 en juillet 1923, 24 millions en septembre, 6 milliards en octobre et 1 000 milliards à la fin de l’année 1923.
  • 13 août :
    • Hyper-inflation : un dollar s’échange 3,7 millions de mark (126 millions le , 4 200 milliards le )[57]. Les valeurs inscrites sur les billets sont modifiées plusieurs fois par jour en fonction des cours ainsi que les étiquettes des marchandises. Les ouvriers rémunérés à la journée, vont au travail avec des valises afin de pouvoir emporter la masse de billets nécessaires au règlement de leur paie.
    • Gustav Stresemann chancelier, forme un gouvernement de grande coalition républicaine[59].
Octobre : intervention de l’armée en Saxe. Ici à Freiberg.
La Marienplatz à Munich, le , lors du putsch de la Brasserie.
  • 8 - 9 novembre : échec du putsch de la Brasserie de Munich (Adolf Hitler et Erich Ludendorff). Escorté par les SA, Hitler fait irruption dans la brasserie Bügerbraükeller où se tient une réunion de soutien à Gustav von Kahr et annonce que le gouvernement bavarois est renversé. Gustav von Kahr feint de se rallier et un gouvernement nazi est formé. Alerté par les autorités locales, le gouvernement Streesemann prend des mesures fermes et ordonne le déploiement de l'armée dans le Lander séditieux. Le lendemain, la Reichswehr encercle Munich et tire sur les SA qui défilent dans la rue[57]. Le putstch est réprimé dans le sang par les militaires. 4 policiers et 16 putschistes sont tués. Ludendorff est arrêté dès le . Hitler est capturé à Uffing le 11 novembre et mis en détention[70].
  • 15 novembre : pour interrompre la spirale inflationniste, le gouvernement (Luther, ministre des finances et Schacht, président de la Reichsbank) crée une nouvelle monnaie, le mark-rente, dont le cours, gagé sur la totalité de l’économie allemande, est fixé à 1 000 milliards de mark-papier[67]. Pour la consolider, le gouvernement impose des mesures rigoureuses de hausse des impôts et de compression des dépenses publiques . En décembre, une réforme fiscale impose le paiement des impôts sur une base-or, près de 300 000 fonctionnaires sont licenciés, les allocations chômage diminuées, les subventions aux chemins de fer supprimées[71]...
  • 23 novembre :
  • 30 novembre :
  • 8 décembre : traité de commerce entre l’Allemagne et les États-Unis ; il entre en vigueur le [73].
  • 21 décembre : ordonnance sur la durée du travail. Le principe légal des 8 heures par jour et 48 heures par semaine est réaffirmé, mais le décret autorise jusqu’à 10 heures par jour sans augmentation de salaire dans le cadre de contrats collectifs ou par décision administrative[57]. Le temps de travail est fixé à 54 heures pour les fonctionnaires et 59 heures pour les ouvriers des usines sidérurgiques[74].


Other Languages

Copyright