1930

1930 est une année commune commençant un mercredi.

Afrique

2 novembre : les délégués étrangers lors du couronnement de l’empereur Hailé Sélassié

Amérique

Getúlio Vargas pendant la révolution au Brésil le 31 octobre. Júlio Prestes, choisit comme successeur par Washington Luis, gagne la présidentielle contre Getúlio Vargas désigné par les mécontents du régime (son programme proposait l’amnistie pour les révolutionnaires de 1922 et 1926, de nouvelles lois électorales, une législation sociale, la réorganisation de la justice et de l’éducation et un développement économique accéléré). Le congrès refuse alors aux députés de l’opposition le droit de siéger, et le 26 juillet, João Pessoa, second de Getúlio Vargas, est assassiné. Les partisans de Vargas prennent les armes : Recife, Salvador et São Paulo sont prises, les États de Rio de Janeiro et d’ Espírito Santo sont envahis. Les « lieutenants » appuient les rebelles. Les généraux, jugeant la situation perdue pour le président prennent le pouvoir le 24 octobre et créent une junte de trois officiers pour assurer l’intérim. Vargas, reçu triomphalement à São Paulo atteint Rio le 31 octobre.

Asie

Proche-Orient

  • 1er janvier, Égypte : les élections législatives donnent une nouvelle majorité au Wafd, dirigé par Nahhas Pacha, qui forme le gouvernement. Après l’échec des négociations pour l’indépendance (22 mars-8 mai)[42], les Britanniques laissent le roi renvoyer le gouvernement wafdiste le 17 juin[43].
  • 28 mars : loi de réorganisation du service postal turc ; les autorités turques demandent officiellement aux pays étrangers de cesser de faire référence à des noms traditionnels non turcs (Constantinople ou Tsarigrad pour Istanbul, Angora pour Ankara, etc.)[44].
La commission Shaw venue enquêter sur les émeutes de Palestine de 1929.
  • 31 mars : publication du rapport de la commission Shaw chargée d’étudier les causes des affrontements entre Juifs et Arabes en Palestine mandataire[45]. Il insiste sur les causes profondes : l’émigration juive a dépassé les capacités d’absorption du pays, les personnes expulsés des terres achetées par les sionistes ne trouvent plus de terres de rechange en raison de la pression démographique et constituent une catégorie de gens sans terres, revendicatifs et porteurs de futures violences. Le rapport propose une intensification des cultures, mais celle-ci est déjà partout à l’œuvre. La commission insiste sur l’absence de droits politiques des Arabes, qui ont refusé de former un conseil législatif en 1922. Elle préconise de reconsidérer la politique britannique en limitant l’immigration, en adoptant une nouvelle politique foncière et en favorisant un nouveau projet constitutionnel associant les Arabes.
  • 14 mai : en Syrie mandataire, le haut-commissaire Henri Ponsot décide de dissoudre l’assemblée constituante et de promulguer les textes constitutionnels de tous les États syriens, reprenant la Constitution de 1928 amputé de six articles litigieux[46]. Ces dispositions seront appliquées après les prochaines élections.
  • Mai : en Palestine mandataire, l’exécutif arabe envoie une délégation à Londres qui réclame une évolution constitutionnelle devant mener à l’indépendance et l’élection d’une assemblée par l’ensemble de la population juive et arabe de Palestine. Les Britanniques refusent et proposent l’élection d’un conseil seulement arabe dont les fonctions ne seraient que consultatives[47].
  • 19 juin, Égypte : le pouvoir est confié à Ismaïl Sidqi Pacha, ancien wafdiste rallié au souverain[48].
  • 30 juin : fin du mandat britannique sur le Royaume d’Irak, prélude à l’indépendance, promise pour 1932[49]. Le pays reste lié au Royaume-Uni par une alliance de 25 ans : coopération en matière de politique étrangère, maintien de deux bases aériennes britanniques, disposition du territoire irakien en cas de guerre, encadrement britannique de l’armée nationale.
  • 6 septembre : En Turquie, la République d'Ararat, État kurde qui avait fait sécession du reste du territoire turc depuis 3 ans, est définitivement reconquise par l'armée turque. 70 000 hommes ont été mobilisés pour l'opération.
  • 21 octobre : les conclusions de la commission Shaw sont reprises dans le Livre blanc de Passfield. Les sionistes doivent faire des concessions sur la question de l’immigration et sur l’acquisition de terres. En retour les Arabes doivent accepter la présence juive en Palestine et coopérer avec celle-ci[50].
  • 22 octobre : le Premier ministre égyptien Imaïl Sidqi promulgue une nouvelle constitution qui renforce les pouvoirs du roi et du gouvernement[43]. Il doit faire face à la crise économique mondiale, et édicte des réformes économiques et sociales et encourage le développement de l’industrie.
  • 10-11 novembre : dans la 19e cession, la commission des Mandats de la SDN adresse des recommandations en vue de préparer l’indépendance de l’Irak[51] : respect des droits des minorités (Kurdes, Assyriens), droits d’usage plus importants du nouvel État sur les ressources pétrolières. L’Irak prend tous les engagements demandés en matière de respect des minorités, ce qui relance l’agitation. Le mouvement kurde est réprimé avec l’aide britannique tandis que les Assyriens réclament un État autonome au sein de l’Irak.
  • 16 novembre, Irak : le traité avec le Royaume-Uni est ratifié par le parlement, issus des élections du 20 octobre. Une opposition au traité, jugé trop favorable aux intérêts britanniques, se constitue au sein du parti de la fraternité arabe, dirigé par Yasin al-Hashimi, ancien officier supérieur de l’armée ottomane pendant la guerre[52].
  • 23 décembre : Révolte de Menemen en Turquie visant à restaurer le califat dissous 6 ans plus tôt. L'armée turque écrase l'émeute.

Europe

3 - 20 janvier : conférence de La Haye sur les réparations.
Enfant de koulaks expropriés rassemblés lors de la dékoulakisation dans le kraï du Nord.
  • 5 janvier : décret sur la collectivisation, suivi de celui sur la dékoulakisation du 4 février ; accélération de la collectivisation des campagnes en Union soviétique. La dékoulakisation et la collectivisation forcée des terres provoquent de violents troubles dans les campagnes[54],[55].
  • 21 janvier, Portugal : le ministre des finances Salazar démissionne, suivi du ministre de la justice, à la suite des remous provoqués par des mesures qu’il avait prises (suspension de la subvention versée annuellement à l’Angola). Il reçoit alors le ministère des colonies qu’il cumule avec les finances[56].
  • 28 janvier, Espagne : démission de Primo de Rivera devant l’opposition au régime, la démission du ministre des finances Calvo Sotelo (20 janvier) et la désertion des militaires (il avait voulu moderniser l’armée). Il meurt en exil quelques semaines plus tard. Le roi confie les responsabilités ministérielles au général Dámaso Berenguer qui rétablit la constitution (Dictablanda, 1930-1931)[57].
  • 7 avril : décret du Bureau politique instaurant une administration centrale exclusivement dévolue à la gestion des camps de travail forcé (Goulag) sous la direction de la Guépéou en Union soviétique. Les camps, jusqu’alors limités aux alentours de la mer Blanche, sont désormais disséminées un peu partout, notamment en Sibérie[59]. 10 millions de personnes y sont incarcérées pendant les années 1930.
  • 8 juin : rentré d’exil avec la complicité du Parti paysan, porté par une vague de popularité, Carol II est proclamé roi de Roumanie par le Parlement tandis que son fils Michel devient « grand voïévode ».)[62]. Il appelle au pouvoir son ancien tuteur l’historien Nicolae Iorga, puis s’emploie à diviser les partis politiques.


Des milliers de personnes accueillent Adolf Hitler à son arrivée au Théâtre national de Weimar en octobre 1930. La dure crise économique qui sévit, permet aux nazis (Parti National Socialiste) qui depuis 1920 allient démonstrations de force et démagogie, d’offrir par l’idée de l’établissement d’un État fort, une voie d’espérance, à la finance, aux industriels et au petit peuple (notamment chez les chômeurs).


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