1932

1932 est une année bissextile commençant un vendredi.

Afrique

Panneau de présentation de l’Office du Niger au barrage de Markala.
  • 5 janvier : création de l’Office du Niger, établissement public autonome, chargé d’un projet de développement agricole inspiré par l’ingénieur Émile Bélime au Soudan français. Il s’agit d’irriguer en détournant une partie du fleuve la région en aval de Ségou. Un premier barrage est établi à Markala et deux canaux sont creusés[6]. L’œuvre se heurte au manque de main-d’œuvre, à la médiocre fertilité des sols et à l’hostilité d’une partie de l’opinion publique en métropole. En 1939, seul 13 300 ha seront aménagés (1,3 million pour le projet initial) et la production de coton n’atteindra pas 425 tonnes (moins de 0,5 % du projet).
  • 15 janvier, pacification du Maroc : les forces coloniales, commandées par le général Henri Giraud, attaquent le Tafilalet qui est soumis le lendemain[7].
  • 21 août : décret visant à faciliter l’accès à la citoyenneté française des Africains qui le souhaitent[8]. Cette mesure n’a qu’une portée limitée et en 1937, l’ensemble de l’AOF ne compte encore que 72 000 indigènes citoyens français, en majorité originaires des quatre communes du Sénégal (Saint-Louis, Gorée, Rufisque et Dakar).

Amérique

Affrontement entre la police et les civils dans les rues de Santiago après la proclamation de la République socialiste du Chili par une junte revolutionaire.
9 juillet-2 octobre : Révolution constitutionnaliste à São Paulo. Affiche du mouvement contre la dictature
  • 6 juillet : début au Pérou de la "Révolution de Trujillo" (en) un conflit social et politique qui a commencé dans la ville de Trujillo par un soulèvement mené par Manuel Barreto (connu sous le nom de "Buffalo"), contre le président Luis Miguel Sánchez Cerro.
  • 9 juillet - 2 octobre, Brésil : révolte de l’oligarchie de São Paulo qui envoie une armée contre Rio de Janeiro. Mais les rebelles ne sont soutenus ni par le Minas Gerais et le Rio Grande do Sul, ni par les ouvriers et les paysans de São Paulo. Les forces fédérales assiègent São Paulo pendant trois mois. La révolte échoue et Getúlio Vargas, adroitement, ne prend aucune sanction.
  • 18 juillet : début de la guerre du Chaco entre la Bolivie et le Paraguay[15]. L’armée bolivienne prend l’initiative du conflit et s’empare des trois fortins paraguayens de Boquerón, Corrales et Toledo (29-31 juillet)[16]. Cette guerre se termine en 1935 par la victoire du Paraguay. En Bolivie, 5 000 personnes, ouvriers, mineurs et intellectuels manifestent contre la guerre. Le poète Guillermo Viscarra Fabre est emprisonné pour avoir lu le manifeste contre la guerre lancé par la Fédération ouvrière de Oruro. Le 20 juillet, le gouvernement Salamanca déclare l’état de siège et la répression commence. Les principaux leaders communistes sont arrêtés après le 20 septembre[17].
Troupes paraguayenne dans la guerre du Chaco.
  • 9 septembre, guerre du Chaco : le Paraguay anticipe l’offensive bolivienne et reprend Fort Boquerón le 29, infligeant de lourdes pertes à l’armée bolivienne[16].
  • 11 septembre, Mexique : organisation de la Camara Nacional del Trabajo[20]. L’importance exorbitante prise par la CROM (Confederación Regional Obrera Mexicana (es)) et le soupçon qui pèse sur elle dans l’assassinat d’Obregón fait que le régime préfère s’orienter vers une politique sociale plus corporatiste à partir de 1929[21].


Asie et Pacifique

20 septembre : Gandhi commence une grève de la faim dans la prison de Poona.
  • 20 septembre : en Inde, Gandhi entame une grève de la faim pour s’opposer au vote séparé des intouchables proposé le 17 août par le gouvernement britannique. Le 24 septembre, il conclut avec le leader des intouchables Ambedkar le pacte de Pune. Au lieu d’un électorat séparé, un certain nombre de sièges est réservé aux intouchables[46].


  • Création à Victoria de l’Australian Aboriginal League (AAL) par William Cooper (officiellement en 1936)[52].

Proche-Orient

  • 5 janvier : fin des élections en Syrie, complétées le 30 mars et 6 avril dans les centres où les troubles ont nécessité l’ajournement du scrutin (Damas, Douma et Hama)[53]. Les Français multiplient les pressions sur les électeurs et les fraudes électorales. Une partie des modérés du Bloc national (Jamil Mardam Bey) parvient à se faire élire. Le reste des sièges va à des collaborateurs des Français ou à des indépendants. Muhammad Ali al-Abid est élu président de la République avec le soutien du Bloc national (11 juin). Le haut-commissaire Henri Ponsot tente ensuite de négocier la signature d’un traité (1931-1933)[54].
Le roi Fayçal à Bagdad, le , au lendemain de l’admission de l’Irak à la SDN.

Europe

28 mai : inauguration du Afsluitdijk.
  • 28 mai : achèvement de la digue de clôture du Zuiderzee (Afsluitdijk). La mer intérieure cède la place à un lac d’eau douce (IJsselmeer), réduit peu à peu par d’immenses polders voués à l’agriculture[66].
  • 2 juillet : mort de Manuel II de Portugal[71]. L’hypothèse de retour à la monarchie est définitivement écartée.
  • 5 juillet : après sa démission du ministère des finances en juin, Salazar devient président du conseil portugais[71]. Il crée un État corporatiste. C’est le début de la dictature au Portugal. La Constitution, en cours d’élaboration, peut recevoir les aménagements permettant un pouvoir sans limites. La doctrine de Salazar se résume en cinq mots : Dieu, patrie, autorité, famille, travail. Suppression des partis politiques. Dissolution du Centre Catholique.
  • 29 juillet : exécution de deux communistes hongrois, Imre Sallai (hu) et Sándor Fürst (hu)[72].
Le Premier ministre Gyula Gömbös et son prédécesseur István Bethlen à Balatonföldvár en 1932.
  • 1er octobre :
    • Gyula Gömbös devient Premier ministre de la Hongrie[74]. Il proclame sa préférence corporatiste et invite à forger « l’unité nationale du travail, du capital et du talent intellectuel ». Il présente un plan national de travail en 95 points visant au rassemblement national. Conservateur avec des accents réformistes et populistes, il a l’ambition d’imprimer au gouvernement plus d’activisme pour sortir de la crise.
    • Oswald Mosley lance au Royaume-Uni le British Union of Fascists[75].
  • Octobre : « Marches de la faim » au Royaume-Uni[76].
Réquisitions de denrées alimentaires en Ukraine en novembre 1932.
Affiche électorale pour Hindenburg.
  • 10 avril : le maréchal Hindenburg est élu président de l’Allemagne avec 52,93 % des voix contre 36,68 % à Adolf Hitler[82].
  • 13 avril : Hindenburg sous l’impulsion du gouvernement Brüning procède à la dissolution par décret, de toutes les organisations paramilitaires[82]. La mesure visait avant tout la SA et la SS soupçonnées de fomenter un coup d'état, mais entendait également réduire le niveau de violence politique dont l’Allemagne était victime depuis plusieurs mois[83].
  • 13 août : Hitler rencontre Kurt von Schleicher puis Franz von Papen qui lui proposent le poste de Vice-chancelier, qu’il refuse catégoriquement[82]. Après son entrevue avec le Président de la République, Hindenburg, il refuse également sa proposition d’entrer dans le gouvernement de von Papen[86].
12 septembre : dissolution du Reichstag.
3 novembre : grève des transports de Berlin.
  • 3 novembre : début de la grève des transports en commun municipaux de Berlin déclenchée sous l’impulsion des communistes et des hitlériens[82].
  • 6 novembre : aux élections législatives, la coalition de Weimar s’affaiblit encore. Les nazis perdent des voix (33,1 %, 14 millions de voix) mais restent les plus nombreux au Reichstag avec 230 sièges. Le KPD progresse (16,9 %)[82].
  • 17 novembre : démission de Franz von Papen et de son gouvernement[88].
  • 2 décembre : Hindenburg nomme Kurt von Schleicher à la Chancellerie, après deux semaines de consultations avec les représentants des principaux partis politiques allemands[89].
Couverture de l’almanach du magazine satirique La Traca de 1932, approuvant la Constitution de 1931 qui a proclamé l’État laïque.
  • - : Bieno réformiste[90]. L’Espagne est laïcisée : le divorce est légalisé, les croix des cimetières, des écoles et des édifices publics sont supprimés, les processions interdites. Création d’une école gratuite (44 % des espagnols sont analphabètes), qui souffre du manque de budget et de maîtres (les religieux étant interdits d’enseignement). Réforme de l’armée.
  • 2 février : loi autorisant le divorce par consentement mutuel ou à la demande justifiée de l'un des conjoints[94].
  • 6 février : décret de sécularisation des cimetières[94].
 : procès de José Sanjurjo.

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