1937

1937 est une année commune commençant un vendredi.

Afrique

Le vice-roi d’Éthiopie Rodolfo Graziani reçoit la soumission d’aristocrates abyssins à Addis-Abeba

Amérique

La Constitution brésilienne de 1937
  • 10 novembre, Brésil : le président Getúlio Vargas, par un coup d’État présidentiel, impose une nouvelle dictature, qu’il baptise l’Estado Novo (État nouveau). Le chef du parti intégraliste Plínio Salgado (pt) se présente aux élections à la présidence contre le protégé de Vargas. Le gouverneur de São Paulo, Armando Sales de Oliveira (pt), regroupe tous les tenants de la República Velha. L’issue du scrutin paraissant incertaine, Vargas prétexte la découverte du Plan Cohen le 29 septembre, complot communiste forgé de toutes pièces, pour supprimer les élections, dissoudre le Congrès et se donner des pouvoirs dictatoriaux. C’est le début de l’Estado Novo (fin en 1945). L’État d’urgence est proclamé et une nouvelle constitution est imposé par Vargas[16]. Un plébiscite était prévu mais ne sera jamais organisé[17]. Le président légifère par décret. La presse est soumise à la censure. Une force de police spéciale est créée pour éliminer toute résistance au régime, au besoin par la torture. Les partis politiques sont dissous le 2 décembre[18]. Vargas s’appuie sur le peuple et la bourgeoisie des villes contre les grands propriétaires et réussit à neutraliser ou désarmer ceux d’entre eux qui comme coronéis locaux, lui font de l’opposition[19].
    • Vargas offre au dirigeant d’extrême droite Plínio Salgado (intégraliste) un poste au gouvernement comme ministre de l’éducation, que celui-ci refuse[16].
    • Vargas met en place un régime corporatiste directement inspiré du fascisme italien. Le mouvement ouvrier est totalement encadré par l’Estado Novo. Une bureaucratie syndicale cooptée fait son apparition et le nombre d’adhérents passe de 180 000 en 1930 à 475 000 en 1945[20].

Asie

Proche-Orient

  • 5 mai : Taqi Arani et 52 autres communistes iraniens sont arrêtés[38].
  • 8 mai : la convention de Montreux abroge définitivement le système capitulaire en Égypte avec transfert des compétences des tribunaux consulaires aux tribunaux égyptiens[39]. Des compagnies étrangères sont égyptianisées avec instauration de quotas d’employés et de cadres égyptiens. La Compagnie du canal de Suez doit accepter une augmentation de la redevance payée à l’Égypte et un accroissement du personnel égyptien.
  • 26 mai : entrée du Royaume d’Égypte à la SDN[40].
  • 29 mai : le sandjak d’Alexandrette est séparé de la Syrie et devient une région sous administration de la SDN[41]. Sous la pression des milieux cléricaux et coloniaux, Jamil Mardam Bey est contraint d’accepter des amendements au traité de 1936 renforçant les minorités et satisfaisant les intérêts économiques français.
  • 15 juin : le roi d’Irak Ghazi Ier crée la radio d’El-Zohour , composée de trois stations, dont deux situées dans le palais royal de Bagdad, qu’il utilise pour diffuser des messages affirmant ses positions pro-nazies et son désir d’annexer le Koweït[42].
  • 19 juin, Irak : les socialistes de la Jama’at al-Ahali quittent le gouvernement et leurs chefs optent pour l’exil[43].
  • 7 juillet : rapport de la commission Peel préconisant le partage de la Palestine mandataire entre Juifs et Arabes[48].
    • Une commission d’enquête présidée par lord Peel est chargée de juger de la situation en Palestine. Son rapport est publié le 7 juillet. Il préconise un partage de la Palestine : la plus grande partie du littoral de la Galilée reviendrait aux Juifs. Au centre, un corridor reliant Jérusalem à la mer resterait sous domination britannique. Tout le reste du pays formerait un État arabe fusionnant avec la Transjordanie. Le plan Peel est refusé catégoriquement par les Arabes, qui refusent de céder aux Juifs la région la plus riche sur le plan économique. Certains modérés proposent un État unitaire palestinien, avec garantie des droits aux minorités et liberté d’immigration juive dans certaines proportions, mais le comité suprême réclame l’indépendance immédiate et l’arrêt de l’immigration. Les sionistes sont partagés, entre modérés et radicaux, qui décident d’organiser leur propre force militaire, l’Irgoun. David Ben Gourion est favorable au Plan Peel, mais de nombreux sionistes s’y opposent. Ils seront majoritaires lors du congrès sioniste de Zurich de 1937.
  • 29 juillet : le roi d’Égypte Farouk Ier, qui a atteint sa majorité, prête serment à la Constitution devant l’Assemblée. Il tente d’imposer le serment islamique (Bay’a) à son investiture. Le gouvernement wafdiste s’y oppose et le souverain s’incline[49].
8 septembre : conférence de Bludan.
  • 8 septembre[51] : les nationalistes de tous les pays arabes se réunissent au congrès de Bludan, en Syrie, afin de coordonner leur action antisioniste après le refus du plan Peel[52].
  • 26 septembre : le commissaire britannique pour la Galilée, Lewis Andrews, accusé de préparer l’expulsion des Arabes de la région, est assassiné. Les britanniques dissolvent le comité suprême arabe et arrêtent plusieurs de ses membres. Le mufti est relevé de toutes ses fonctions officielles et s’enfuit au Liban (12 octobre) où il demeure en résidence surveillée[53].
    • L’agitation reprend en Palestine. Elle s’étend à travers tout le pays, particulièrement dans les régions rurales où des bandes armées attaquent les voies de communications et les implantations juives. Dans les grandes villes, les révoltés parviennent un temps à prendre le contrôle des vieux quartiers du centre-ville. Tout Arabe accusé de collusion avec les sionistes ou les Britanniques est exécuté. Les druzes palestiniens préfèrent collaborer avec les sionistes. Leurs villages sont attaqués par les musulmans. La répression des Britanniques, rejoints par une partie des notables arabes, est très dure. La loi martiale est établie[54].
  • 9 novembre : cinq ouvriers agricoles juifs sont assassinés au kibboutz de Kiryat-Anavim par des Arabes ; en réaction, l’Irgoun lance une série d’attentats contre les nationalistes palestiniens[53].
  • 14 novembre : « dimanche noir ». Six Arabes sont tués par l’Irgoun dans plusieurs fusillades à Jérusalem. Les autorités britanniques établissent le couvre-feu[53].
  • 30 décembre : le roi Farouk Ier d’Égypte révoque le cabinet dirigé par Mustafa an-Nahhas Pasha et dissout la chambre . Le Premier ministre d’Égypte était en conflit avec le roi sur la question de la nomination des hauts fonctionnaires. Un nouveau gouvernement est formé le par les libéraux-conservateurs de Muhammad Mahmoud Pasha[55],[56]. Deux fondateurs du Wafd, Ahmad Mahir et Mahmoud an-Nukrashi, font scission et fondent le groupe saadiste ()[57].

Europe

  • 6 janvier : recensement soviétique. Les résultats étant inférieurs à ceux attendus, ils sont annulés et les organisateurs arrêtés, fusillés ou déportés sur ordre de Staline[58].
Tract électoral antisémite du Parti national chrétien, en Roumanie.


  • Le SDAP (parti socialiste) renonce à la lutte des classes et au désarmement aux Pays-Bas[75].
  • 30 janvier : la loi d’habilitation de 1933 est renouvelée par le Reichstag, qui reconduit les pleins pouvoirs d'Adolf Hitler pour quatre ans[76]. Dans un discours prononcé le même jour au Reichstag, Hitler résume sa politique intérieure et étrangère, et tire le bilan des quatre premières années de son régime.
L’encyclique du 21 mars 1937
Mussolini et Hitler à Berlin en septembre 1937.
Ruines de Guernica


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