1954

1954 est une année commune commençant un vendredi.

Afrique

Le sultan Sidi Mohammed et sa famille à Madagascar, le 8 avril 1954.
1er novembre : guerre d'Algérie. Les six chefs du FLN avant le déclenchement des hostilités. Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Mourad Didouche et Mohammed Boudiaf. Assis : Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M'hidi à droite.

Amérique

Asie et Pacifique

  • 23 février-2 mars : lors du plenum du Comité central, le gouvernement soviétique lance le programme « Terres vierges et inoccupées » afin d’accroître rapidement la superficie de terres ensemencées en Sibérie occidentale et au Kazakhstan[32]. La poursuite de l’immigration russe et l’industrialisation dans le cadre de l’économie planifiée de l’Union soviétique ont pour effet de rendre la population kazakhe minoritaire dans sa république.
Légionnaires français interrogeant un prisonnier Viêt-minh
Les troupes françaises encerclées par le Viêt-minh à Diên Biên Phu.
  • 7 mai : défaite et capitulation française à la bataille de Diên Biên Phu. Le général Võ Nguyên Giáp prend Diên Biên Phu et fait 10 000 prisonniers[55].
  • 8 mai : la conférence de Genève, ouverte le 26 avril, invite le Viêt-minh et les gouvernements du Viêt Nam, du Laos et du Cambodge à participer aux négociations sur l’Indochine[55]. La délégation française (Georges Bidault) propose une paix immédiate au Laos et au Cambodge, un armistice avec regroupement « en peau de léopard » au Viêt Nam[56].
  • 10 mai : Pham Van Dong, vice-président de la République démocratique du Viêt Nam, présente à Genève les propositions du Viêt-minh : reconnaissance par la France de l’indépendance du Viêt Nam, du Cambodge et du Laos, retrait des troupes étrangères et organisation d’élections libres, cessez-le-feu et échange de prisonniers[56].
  • 28 juin4 juillet : opération Auvergne. Les troupes franco-vietnamiennes évacuent la zone sud du delta du Tonkin (évêchés de Phat Diem et de Bui Chu) et organisent leur défense autour d’Hanoï et de Hải Phòng[57].
21 juillet : dernière session de la conférence de Genève sur l’Indochine au Palais des Nations.
12 août : opération Passage to Freedom.

Proche-Orient

  • 13 janvier, Égypte : Nasser décrète la dissolution des Frères musulmans à la suite d'affrontements sanglants avec les militants du Rassemblement de la Libération, le parti unique, à l’université du Caire le 12 janvier[65]. Les dirigeants sont emprisonnés, puis libérés le 26 mars[66].
  • 25 février :
    • Syrie : le chef du gouvernement syrien Adib Chichakli s’exile pour le Liban à la suite de manifestations violentes contre le régime en janvier dans les régions druzes et certaines villes comme Homs et Alep, soutenues par l’Irak[67]. La répression est très dure, mais l’armée syrienne, conduite par le capitaine Moustafa Hamdoun et inspirée par le colonel Adnan al-Malki, proches du Ba’th, se soulève à Alep et Chichakli abandonne le pouvoir[68].
    • Égypte : Mohammed Naguib proteste contre la dissolution des Frères musulmans et demande un droit de veto sur le Conseil de la révolution. Accusé de rechercher un pouvoir dictatorial et mis en minorité, il démissionne de la présidence de la République. Le colonel Gamal Abdel Nasser devient premier ministre. Nasser est contraint de rappeler Naguib le 27 février devant l’opposition de l’armée[69]. Naguib reçoit tous les pouvoirs. Par les décrets des 5 et 25 mars, la censure est abolie, le multipartisme rétabli, des élections remplaceront le Conseil de la révolution par une Assemblée constituante[66]. Nasser démissionne de son poste de premier ministre le 9 mars mais conserve la présidence du Conseil de la Révolution[70]. Il reprend le contrôle de l’armée et organise l’opposition.
  • 1er mars : Hachem al-Atassi retourne à Damas et reprend ses fonctions de président de la république syrienne[67]. Sabri al-Assali, un notable traditionnel, appuyé par la coalition du parti national et du parti du peuple, devient Premier ministre de Syrie. Il relance secrètement les négociations avec l’Irak sur les projets d’union, mais l’armée y est hostile. Son pouvoir est fragilisé par la forte opposition du Ba’th, du PPS, des communistes et des Frères musulmans[71].
  • 27-29 mars : les partisans de Nasser lancent une grève générale en Égypte, accompagnées de manifestations antidémocratiques[66].
  • Mars : la Ligue des États arabes présente un contre-plan au plan Johnston, The Water Resources in the Jordan Valley [72]. Le lac de Tibériade ne serait pas utilisé comme réservoir et la part israélienne serait réduite.
  • 18 avril : Nasser redevient Premier ministre en Égypte ; le général Naguib reste chef de l’État jusqu’en novembre[70].
  • 9 juin : le régent Abdul Illah organise des élections libres en Irak. La majorité des sièges est remportée par des partisans de Nouri Saïd, hostiles au projet du « Croissant fertile »[73].
  • 19 juin, Syrie : Sabri al-Assali est renversé et un nouveau gouvernement est formé autour de Said Al-Ghazzi, qui organise des élections le 24 septembre. Les indépendants, proche du pouvoir, obtiennent 64 sièges sur 142, le parti du peuple 30, le Ba’th 22, ce qui est une victoire politique[71]
  • 2 juillet : début de l’opération Susannah, orchestrée par les services de renseignement militaires israélien pour brouiller le gouvernement égyptien avec les occidentaux. Attentat à la bombe contre un bureau de poste à Alexandrie, puis le 14 juillet contre les bibliothèques de « l’agence d’information des États-Unis » à Alexandrie et au Caire, ainsi qu’un théâtre possédé par des capitaux britanniques[74].
  • 27 juillet, Irak : Nouri Saïd rétablit un régime autoritaire et suspend le Parlement après sa première session. Il est dissout par le roi le 3 août. De nouvelles élections excluent les opposants le 12 septembre[75].
  • Août : Nasser déclare que l’Égypte souhaite recevoir l’aide des États-Unis pour se défendre contre une agression extérieure, et propose un pacte de défense collective des États arabes[76]. Le gouvernement britannique est divisé : Churchill est favorable à une reconquête de l’Égypte par la force, Eden et le Foreign Office proposent l’établissement de relations de confiance avec les pays arabes et approuve le pacte de défense collective.
28 septembre : le cargo israélien Bat-Galim est arraisonné à l’entrée du canal de Suez.
  • 28 septembre : Israël envoie le Bat-Galim, un de ses navires commerciaux vers le canal de Suez. Le navire est confisqué par l’Égypte et son équipage arrêté[77].
  • 14 octobre : démission du premier ministre de Syrie Said al-Ghazzi ; Farès al-Khoury forme un nouveau cabinet le 31 octobre (fin en 1955)[78].
  • 19 octobre : accord abrogeant le traité de 1936 entre l’Égypte et la Grande-Bretagne. La zone du canal sera évacuée dans un délai de vingt mois[69]. Les Britanniques pourront cependant disposer de bases en cas d’attaques armées menée par un pays ne faisant pas partie du Proche-Orient.
  • 26 octobre : attentat manqué contre le Premier ministre égyptien Nasser perpétré par un Frère musulman à Alexandrie[66]. Le 30 octobre, le chef de la confrérie des Frères musulmans Ahmed Hassan el-Hodeibi (Hassan al-Hudaybi (en)) est arrêté et accusé de complot contre l’État[79].
  • 29 octobre : accord de création du consortium pétrolier en Iran ; le pétrole demeure nationalisé mais sa commercialisation retourne entre les mains d’un consortium de sociétés internationales. Les Américains entrent dans le consortium qui succède à l’Anglo-Iranian Oil à hauteur de 40 %[80].
14 novembre : Mohammed Naguib quitte le palais présidentiel.
  • 14 novembre, Égypte : le général Mohammed Naguib est renversé et assigné à résidence par une junte menée par Gamal Abdel Nasser, qui devient le maître du pays[70].
  • 17 novembre : le Département d’État des États-Unis (Dulles) accepte la proposition du Secrétaire d’État des Affaires étrangères britannique Anthony Eden pour préparer le « plan Alpha »[81]. De 1954 à 1955, l’Égypte et Israël (Moshé Sharett) entretiennent des négociations officieuses. Les Égyptiens proposent un accord de paix fondé sur la rétrocession à l’Égypte d’une partie du Néguev et la réinstallation de réfugiés palestiniens dans les pays arabes[82]. Ces ouvertures obtiennent le soutien de la Grande-Bretagne et des États-Unis, qui préparent le « plan Alpha », processus de paix reposant sur le principe de non-agression entre l’Égypte et Israël, en échange de concessions israéliennes dans le Néguev. La situation se dégrade par l’opposition à la politique de conciliation en Israël (Moshe Dayan, Shimon Peres). Sharett rencontre de plus en plus de difficultés et doit lutter contre les projets d’intervention militaire de David Ben Gourion et de l’armée.
  • 7 décembre, Égypte : six membres de la confrérie des Frères musulmans sont exécutés. Ahmed Hassan el-Hodeibi est gracié et sa peine commuée en prison à vie. Neuf autres condamnation à mort sont prononcées les semaines suivantes, toutes commuées en prison à vie. Le tribunal du peuple prononce 800 peines de prisons et la cour martiale 300[83]. Le mouvement s’exile en Arabie saoudite.

Europe

  • 19 au 23 octobre : signatures des accords de Paris qui reprennent les principes définis à Londres. Mise en place de l’Union de l’Europe occidentale qui se base sur le traité de Bruxelles modifié (Londres-Paris, 3-23 oct), auquel adhèrent la RFA et l’Italie (qui se réarment donc). L’Union soviétique proteste contre ces accords et renouvelle sa proposition d’un pacte européen de sécurité collective ; accord sur la Sarre signé par Pierre Mendès France et Konrad Adenauer qui prévoit le maintien de l’union économique franco-sarroise et l’organisation d’un référendum permettant à la population sarroise de se prononcer sur ce statut[106].
  • 17 décembre : le Conseil atlantique réuni à Paris approuve la stratégie pour la défense de l’Europe occidentale document MC-48). Il décide de doter les forces de l’Alliance d’armes atomiques et approuve l’élaboration d’un système de radars NADGE[109].
  • 27-30 décembre : ratification par la France des accords de Paris sur l’Union de l’Europe occidentale et l’OTAN[106].

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