1971

1971 est une année commune commençant un vendredi

Afrique

Caricature du général Idi Amin Dada.
  • 1er avril : un mouvement insurrectionnel paysan dirigé par Monja Jaona, leader du MONIMA, est déclenché dans le sud de Madagascar, dans la région de Tuléar. Il est brutalement réprimé par la gendarmerie[12].
  • 8 avril : arrestation de Yoro Diakité, ministre des Affaires étrangères du Mali et du capitaine Malik Diallo, commissaire à l’Information, accusés de complot. Jugés en juillet 1972 par la Cour de sûreté de l’État, ils sont condamnés aux travaux forcés dans les mines de sel de Taoudeni[13].
22 juillet : arrestation d'Hashem al Atta.
  • 19 - 22 juillet : le général Nemeiry est chassé du pouvoir au Soudan par un coup d’État communiste mené par Hashem al Atta (en). Il reprend le pouvoir puis est plébiscité par un référendum en septembre. Chasse sanglante aux communistes au Soudan[20].
  • 20 octobre : l’annonce de la destruction d’un camp militaire tanzanien par un avion de chasse ougandais, considéré par Idi Amin Dada comme une base du président Obote et de ses partisans, marque le début d’un conflit frontalier entre la Tanzanie et l’Ouganda. Les deux pays massent leurs troupes à la frontière. Le 25 novembre, la crise s’achève par la déclaration unilatérale du président tanzanien Nyerere de réduire ses troupes à la frontière[17].
  • 27 octobre : le Congo, sous la férule de Mobutu, devient le Zaïre (déformation par les Portugais du mot kikongo Nzadi « le fleuve »). Léopoldville étant renommée Kinshasa depuis 1966[21]. Début de la zaïrianisation.

Amérique

  • 12-15 mars : nouvelles émeutes à Córdoba contre le gouverneur Camilo Uriburu, connues sous le nom de Viborazo[27].
Lanusse et Allende en juillet 1971.
  • 24 juin, Pérou : création du Sistema nacional de apoyo a la movilización social. Le gouvernement révolutionnaire du Pérou cherche des appuis plus larges parmi les ouvriers et les paysans. Une loi de mobilisation sociale est votée et donne naissance à un Système national d’appui à la mobilisation sociale (SINAMOS), qui distribue des aides et encadre ou coopte les organisations populaires[31].
11 juillet : Salvador Allende à Rancagua pour la nationalisation des mines de cuivre.
  • 11 juillet, Chili : loi de nationalisation des mines de cuivre, décidée par le gouvernement de l’Unité populaire de [32]. L’État contrôle la quasi-totalité de l’industrie minière (dont le cuivre) et toutes les activités jugées stratégiques (métallurgie notamment).
  • 6 septembre : évasion de 106 Tupamaros détenus dans la prison de Punta Carretas, en Uruguay, par un tunnel de 50 mètres creusé à partir d’une cellule. Par le décret 566/971 du 9 septembre, devant les violences redoublées des Tupamaros, l’armée intervient pour remettre de l’ordre[33].
  • 19 - 21 août : coup d’État en Bolivie. Le colonel Hugo Banzer Suárez s’impose par la force pour huit ans[34]. Il lance une vague de répression contre la gauche, notamment dans les secteurs étudiants. Son objectif est de dépolitiser le corps social et de relancer l’économie. La stricte application du programme économique du FMI (suppression des prix subventionnés, dévaluation, etc.) provoque une hausse massive du coût de la vie. Devant la montée du mécontentement, le régime se durcit, réprimant violemment toutes les manifestations.
  • 24 août-4 septembre : voyage de Salvador Allende au Pérou, en Colombie et en Équateur[35].
  • Septembre : création de l’ORPA (Organización del Pueblo en Armas (es)), mouvement révolutionnaire dissident des FAR (Fuerzas Armadas Rebeldes (es)) dirigé par Rodrigo Asturias (en) au Guatemala[36].
Visite de Fidel Castro au Chili.

Asie et Pacifique

  • 5-7 août : création du forum du Pacifique Sud, sous-groupe de la Fondation de la Commission du Pacifique Sud, composé de seize membres[49]. Il traite de la protection des ressources marines surexploitées par les pêcheurs japonais et taïwanais, du réchauffement terrestre qui menace de submerger les atolls, de la décolonisation, de la création d’une zone dénucléarisée.
  • 12 août : la Croix Rouge sud-coréenne propose la tenue d’une conférence humanitaire avec la Croix Rouge nord-coréenne pour réunir familles séparées par la guerre. Le 14 août, le président de la Croix-Rouge de Corée du Nord accepte, avec l’accord de son gouvernement. La première réunion des deux Croix-Rouges se tient à Panmunjom le 20 septembre[50].
  • 17 novembre : coup d’État en Thaïlande[54]. Le départ des troupes américaines d’Asie du Sud-Est a des effets défavorables sur l’économie thaïlandaise. La conjoncture favorise l’établissement d’un gouvernement militaire. Le général Thanom Kittikachorn abolit la Constitution et dissout le Parlement.
25 novembre : bombardement au Viêt Nam.
Zulfikar Ali Bhutto devient Président du Pakistan [59].
  • 14 février : à la suite de la victoire de la Ligue Awami aux élections législatives, le général Yahya Khan, président du Pakistan, annonce que l’Assemblée constituante se réunira à Dacca le 3 mars pour préparer une nouvelle Constitution. Le 27 février, Zulfikar Ali Bhutto, dont le parti a remporté la majorité au Pakistan occidental, demande un report de cette réunion[59]. Le 1er mars Yahya Khan ajourne la réunion et remplace les gouverneurs civils des provinces par des « administrateurs de la loi martiale ». Dès le lendemain, un hartal (« arrêt de travail ») paralyse le Bengale[60].
  • 1er mai : le gouvernement ceylanais propose une amnistie temporaire aux rebelles du JVP ; 6 000 d’entre eux se rende, et trois jours plus tard, le gouvernement lance une offensive majeure dans la jungle contre la rébellion. À la fin du mois de juin, les combats sont pratiquement terminés, seuls quelques récalcitrants tiennent jusqu’en septembre[63].
16 décembre : reddition des forces armées pakistanaises.

Proche-Orient

  • 4 février : Sadate propose une réouverture du canal de Suez conditionnée par un retrait partiel des forces israéliennes[68]. Le projet, soutenu par les États-Unis, échoue sur la question de la démilitarisation du Sinaï et sur celle des frontières. Rogers, qui a soutenu ce plan, est définitivement écarté des affaires moyen-orientales.
  • 9 février : restitution de terre à 800 propriétaires et indemnisation des propriétaires touchés par la réforme agraire de 1969 en Égypte[69].
  • 22 février : Hafez el-Assad prend les pouvoirs présidentiels en Syrie, approuvé par plébiscite le 12 mars. Il se rapproche de l’Égypte et envisage un projet de fédération arabe[70].
17 avril : Anouar el-Sadate, Mouammar Kadhafi et Hafez el-Assad signent pacte de Benghazi.
  • 2 mai, Égypte : destitution d’Ali Sabri, vice-président de la république pro-soviétique, à la suite de la découverte d’une conspiration visant à renverser Sadate[71].
  • 15 mai : « Révolution du redressement » en Égypte. Sadate fait arrêter Ali Sabri et ses partisans, accusés de tentative de coup d’État[71].
  • 27 mai : l’Union soviétique s’inquiète de l’élimination des éléments les plus à gauche, dont les militaires, par le régime égyptien. Une délégation de Moscou est reçue au Caire par Sadate et débouche sur un traité d’amitié et de coopération, assurant la poursuite des livraisons militaires à l’Égypte[71].
  • 14 août : indépendance de Bahreïn[73].
  • 15 août : Richard Nixon annonce l’inconvertibilité du dollar en or[74]. Cette dévaluation masquée perturbe le marché pétrolier, où les ventes se font en dollars. Les pays producteurs demandent une nouvelle augmentation des prix.
  • 2 septembre : Sadate abandonne le terme de RAU pour désigner l’Égypte pour celui de République arabe d’Égypte[65].
  • 3 septembre : indépendance du Qatar[75].
  • 11 septembre : une nouvelle Constitution est promulguée en Égypte. Elle réaffirme la place de l’islam dans le régime, comme religion d’État et source de législation. Sadate lance une vaste campagne d’amnistie des prisonniers politiques, se traduisant par la libération de nombreux opposants, dont les Frères musulmans. Il soutient la renaissance des organisations islamiques pour contrer les mouvements de gauche (socialiste et communiste)[71].

Europe

  • 5 août : sanction royale de l’Industrial Relations Act, loi interdisant la pratique des grèves de solidarité et le monopole syndical d’embauche au Royaume-Uni. Une Cour des relations de travail est chargée d’appliquer le texte. Le TUC se mobilise[92] (24 millions de journées de grève en 1972).
9- 11 août : portait des civils tués au cours du massacre de Ballymurphy

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