1976

1976 est une année bissextile commençant un jeudi.

Afrique

  • 21 avril : Andreas Shipanga est arrêté au quartier général de la SWAPO à Lusaka en Zambie par les autorités zambiennes avec vingt-sept membres de l’organisation, dont onze sont considérés comme les instigateurs d’un complot contre le président du mouvement Sam Nujoma ; ils sont détenus en Tanzanie jusqu’en 1978. En juin, entre 1 600 et 2 000 guérilleros dissidents de la Swapo sont arrêtés et transférés dans le camp de Mboroma, près de Kabwe[14].
Les otages du vol d’Air France accueillis à l’ aéroport Ben Gourion.

Amérique

  • 1er janvier : fondation du Vicaría de la Solidaridad organisation catholique chilienne, défendant les droits de l’homme[31].
  • 9 janvier, 11 et 13 septembre : des « actes constitutionnels » sont élaborés qui légalisent la junte au pouvoir au Chili[32]. Un débat politique s’ouvre sur l’avenir du régime au sein de la coalition au pouvoir. Il oppose les duros, partisans de la continuité et les blandos, modérés qui prétendent qu’une institutionnalisation minimum est nécessaire afin de consolider la légitimité du régime à l’intérieur comme à l’étranger[33].
  • 11 janvier : coup d’État militaire en Équateur : La chute des prix du pétrole en 1975, l’agitation sociale et les critiques de la bourgeoisie entraînent la chute du général Guillermo Rodríguez Lara.
Dégâts causés par le séisme de 1976 à Patzicía au Guatemala.
 : cérémonie de prestation de serment du général Videla, président de la Nation argentine. La corruption, la crise économique et le mouvement armé des Montoneros servent de prétexte au pronunciamiento. Videla lance un «  processus de réorganisation nationale » qui s’assigne comme objectif de « sauver la nation » : purge de l’université et de ses professeurs, étudiants et bibliothèques, exil d’artistes, censure, «  disparition » de toute personne suspecte de sympathie avec la gauche ; des milliers de personnes sont torturées, exécutées ou portées disparues [33].
  • 31 août, Mexique : dévaluation du peso de plus de 50 % pour tenter de réduire la dette extérieure du pays[39].

Asie et Pacifique

  • 4-6 octobre : massacres des étudiants de l’Université Thammasat en Thaïlande. Le , alors que les troubles gagnent en ampleur, un groupe militaire, mené par l’amiral Sangad Chaloryu (en), renverse le Premier ministre Seni Pramoj, prend le contrôle du pays et met en place un gouvernement conservateur dirigé par Tanin Kraivixien[64].
  • Nuit du 6 au 7 octobre, Chine : arrestation de la bande des quatre. Fin de la révolution culturelle[1]. Hua Guofeng, héritier désigné de Mao, cumule les titres de Premier ministre, de Président de la Commission militaire et du Comité central du parti communiste. Il fait arrêter la « bande des quatre », Jiang Qing en tête. En s’appuyant sur l’armée, il rétablit l’ordre dans les provinces. Hua Guofeng se présente comme un maoïste de stricte obédience : il faut défendre tout ce qu’a décidé Mao, obéir à toutes ses directives. Dénué de prestige et d’imagination, il n’est pas en mesure d’imposer son autorité et doit s’effacer devant Deng Xiaoping (1977).

Proche-Orient

La guerre du Liban en 1976
  • 21 janvier : le lieutenant sunnite Ahmad el-Khatib quitte l’armée libanaise et constitue dans la Bekaa une Armée du Liban Arabe essentiellement musulmane ; le 23 janvier, le colonel Antoine Barakat, un officier maronite, forme à Beyrouth l’Armée du Liban Libre. Début de la « guerre des casernes ». L’armée libanaise est démembrée[72].
  • 22 janvier : cessez-le-feu au Liban patronné par la Syrie[70]. Hafez el-Assad propose officiellement sa médiation au Liban et avance un programme de réformes, le « document constitutionnel », destiné à réformer le pacte national de 1943 : parité des parlementaires entre chrétiens et musulmans, augmentation des pouvoirs du président de la République au détriment du président du Conseil, arrêt de l’accès aux fonctions publiques sur des bases constitutionnelles, confirmation des accords du Caire.
  • 15 mars : dénonciation par Le Caire des accords soviéto-égyptiens[74]. L’Égypte reçoit pour la première fois de l’armement américain.
  • 30 mars : manifestations des Palestiniens contre la décision du gouvernement israélien (29 mars) d’exproprier les Arabes de Galilée et de confisquer leurs terres. Six manifestants arabes sont tués lors d’affrontement avec les forces de sécurité[75]. Cet évènement est célébré tous les ans sous le nom de Fête de la Terre (en arabe : يوم الأرض, Yom al-Ard ; en hébreu : יום האדמה, Yom Ha'adama).
  • 10 avril : des blindés de l’Armée syrienne entrent au Liban avec des contingents de la Sa’iqa pro-syrienne et apportent leur soutien aux milices chrétiennes[76].
  • 12 avril, Palestine : les élections municipales dans les territoires occupés consacrent l’accession d’une nouvelle élite au détriment des notables traditionnels proches de la Jordanie. Elle appartient aux classes moyennes éduquées et son programme politique est proche de l’OLP[77].
  • 6 juin : l’Égypte rompt ses relations diplomatiques avec la Syrie[73].
William Hawi et les Phalanges libanaises pendant le siège de Tel al-Zaatar.
  • 22 juin : début du siège de Tel el-Zaatar et de Jisr el-Bacha, enclaves palestiniennes en zone chrétienne à Beyrouth-Est, par les milices chrétiennes ; le camp palestinien chrétien de Jisr el-Bacha tombe le 30 juin[73]. Tel al-Zaatar tient jusqu’au 12 août.
  • 12 août, Liban : prise du camp palestinien de Tel al-Zaatar[72]. Les dernières forces palestino-progressistes s’effondrent sous l’action commune des milices chrétiennes, de l’armée syrienne et du soutien israélien, entraînant de nouveaux massacres dans les camps. Le plus important est celui de Tel al-Zaatar qui fait 2 000 morts le 12 août. Le Mouvement national se reconstitue dans la Montagne. La LEA décide d’intervenir pour trouver une solution pacifique.
  • 28 - 30 septembre : les Syriens déclenchent la bataille du Haut Metn ; les Palestiniens se replient sur Aley tandis que Syriens et Phalangistes se partagent la zone conquise. Les Druzes sont victimes de représailles[73].

Europe

  • 7 janvier : le Premier ministre belge Leo Tindemans propose d’augmenter les pouvoirs des institutions communautaires[80]. Il propose de créer un centre de décision unique qui effacerait la distinction entre les réunions ministérielles de coopération politique et de caractère communautaire. La politique extérieure commune serait soumise à la majorité et non plus à l’unanimité. Il admet une Europe à deux vitesses, les uns progressant plus vite vers l’union et prône un renforcement des obligations concernant la politique budgétaire et monétaire et un développement des politiques sectorielles. L’Europe devrait aussi garantir les droits de ses citoyens et permettre la libre circulation des personnes.
  • 15 mars : nouveau retrait du franc français du système monétaire européen (SME)[81].
  • 16 mars : démission du Premier ministre du Royaume-Uni Harold Wilson après l’échec de son projet de Contrat social (associer les syndicats à la lutte contre l’inflation). Il est remplacé le 5 avril par James Callaghan dont le mandat est dominé par le problème des relations avec les syndicats et la limitation des hausses de salaires[82].

Personnalités majeures décédées en 1976 :

Other Languages

Copyright