1979

1979 est une année commune commençant un lundi.

18 juin : accords SALT 2
  • 15 - 18 juin : accords SALT 2 signés à Vienne par Brejnev et Carter, ils ne seront jamais ratifiés du fait de l’invasion de l’Afghanistan[2].
  • 28 - 29 juin : sommet du G7 à Tokyo[3] qui refuse toute régulation à l’échelle internationale concertée face au second choc pétrolier et à l’inflation mondiale. Tokyo et Bonn rejoignent Paris pour imputer la responsabilité du second choc pétrolier au laxisme monétaire et au gaspillage énergétique des États-Unis.

Afrique

  • 17-18 janvier, Centrafrique : manifestations d’élèves contre le port obligatoire de l’uniforme imposé par le gouvernement centrafricain. L’agitation des élèves et étudiants tourne à l’émeute les 19 et 20 janvier, à la suite de la répression brutale des forces de l’ordre[5].
Combattantes sahraouies du Front Polisario en 1980.
  • 30 mars : le FMI approuve une assistance financière au Sénégal [14]. En contrepartie il lui impose un Plan d’ajustement structurel (PAS), impliquant la diminution des dépenses publiques en vue de rétablir l’équilibre du budget, la liquidation des entreprises non rentables et la privatisation des firmes potentiellement ou réellement rentables, la dévaluation de la monnaie nationale, la compression des effectifs des administrations publiques et du secteur public. Le pays met en place un Programme de stabilisation économique (1979-80) et un Programme de Redressement économique et financier (PREF, 1980-1985)[15] annoncé le 19 décembre[16]. Les PAS se répandent dans tous les pays africains, provoquant des licenciements et des réductions de salaire, la hausse des prix, la réduction massive de l’offre scolaire, la détérioration des systèmes de santé et des conditions d’existence.
  • 3-11 avril, Tchad : deuxième conférence de réconciliation nationale à Kano. Le 29 avril, Lol Mahamat Choua du Mouvement populaire de libération du Tchad devient président du gouvernement d’union nationale de transition (GUNT)[10].
  • 9 avril, Centrafrique : les étudiants de l’Université Jean Bedel Bokassa et les écoliers de Bangui se mettent de nouveau en grève pour protester contre les arrestations d’étudiants. L’armée occupe l’Université et le gouvernement annonce qu’elle est autorisée à tirer sur les manifestants. Les meetings continuent clandestinement à Bangui (10-18 avril). Après des heurts avec la police, l’empereur ordonne l’arrestation massive des écoliers de Bangui (18-20 avril), détenus avec une extrême dureté dans prison de Ngaragba. Ceux qui résistent sont battus et dans certains cas, tués sur place[17].
  • 11 avril : le dictateur de l’Ouganda Idi Amin Dada est mis en fuite par l’armée Tanzanienne[18]. Son régime a fait depuis 1971 environ 200 000 morts dont une partie des cadres du pays.
  • 1er mai : rapport de la commission de Nicholas Wiehahn sur le travail en Afrique du Sud. Autorisation des syndicats Noirs. Les syndicats multiraciaux restent interdits[19].
  • 26-27 mai, Tchad : troisième conférence de réconciliation nationale à Lagos[10].
  • 16 novembre : début d’une grève scolaire et estudiantine au Mali qui dure jusqu’en juin 1980. L’agitation est durement réprimée par le gouvernement du 6 decembre (fermeture des classes) au  : arrestations, tortures, incorporation forcée des élèves dans l’armée, fermeture des établissements scolaires[37].

Amérique

  • 3 juin : marée noire de la plate-forme Ixtoc 1 dans le Golfe du Mexique[49].
  • 29 juin : en Bolivie, les élections ne dégagent pas de net vainqueur. Siles (35,9 %) arrive en tête devant Paz (35,8 %) et Banzer (14 %), mais sans disposer de majorité absolue. Le Parlement se révèle incapable de trancher entre Siles et Paz et le président du Sénat Wálter Guevara Arze (es) assure l’intérim pour un an (8 août). Les manœuvres politiques et les complots se multiplient pour préparer l’échéance électorale suivante. À l’Assemblée, l’armée est accusée de corruption[47].
19 juillet : triomphe de la révolution sandiniste. Graffiti photographié en 1980
  • 17 juillet : Somoza fuit le Nicaragua[47].
  • 19 juillet : chute de la dictature de Somoza, lâchée par les États-Unis, au Nicaragua. Prise du pouvoir par les Sandinistes. Le FSLN fait une entrée triomphale dans Managua. Une junte de gouvernement de reconstruction nationale de cinq membres se met en place, comprenant les différentes tendances de l’opposition. Son programme est clairement sandiniste : confiscation des biens de la famille Somoza, suppression de la Garde nationale, nationalisation du système bancaire, et du commerce extérieur, réforme agraire. L’économie mixte doit être atteinte par la création d’un secteur nationalisé, appelé "aire de propriété du peuple" qui doit coexister avec le secteur privé et un secteur mixte. Le secteur privé conserve cependant une nette prépondérance (60 % du PNB en 1980). Des divergences apparaissent entre la bourgeoisie et les Sandinistes qui s’imposent peu à peu à l’exécutif comme au législatif tout en conservant le pluralisme politique[47].
  • 15 octobre : coup d’état réalisé par de jeunes officiers réformistes au Salvador destiné à prévenir une évolution à la nicaraguayenne[53]. Ils lancent un processus de démocratisation du pays, mais la « junte révolutionnaire de gouvernement (es) » dirigée par le colonel Adolfo Majano-Ramos qui s’installe se trouve dans l’impossibilité d’affirmer son autorité face à l’armée qui continue à réprimer toute forme de contestation sociale au nom de la lutte contre le communisme. La réforme agraire décrétée le , tout comme la réforme du commerce extérieur et celle de la banque ne peuvent être menés à bien. Les organisations révolutionnaires refusent de soutenir ce qu’elles qualifient de coup d’État proaméricain. Leurs violences font écho à celle des escadrons de la mort[47].

Asie et Pacifique

Janvier : fin du Kampuchéa démocratique, le régime des Khmers rouges au Cambodge. Entre 1975 et 1979, le régime de Pol Pot a fait périr plus d’un million de Cambodgiens sur 7 à 8 millions.
Le palais Tajbeg après l’ assaut des troupes soviétiques.
  • 27 décembre, Afghanistan : après trois jours d’intenses combats l’Armée rouge prend possession de Kaboul. Le Président Amin, accusé d’être à la solde des Américains, est arrêté et exécuté dans le palais Tajbeg lors du coup d’État[77]. Le lendemain, Babrak Karmal, l’ancien vice-président écarté et exilé en 1978, se proclame président de l’Afghanistan dans un discours télévisé préenregistré (fin en 1986). L’insurrection va se poursuivre, et plus de 3 millions de personnes vont passer la frontière pour se réfugier au Pakistan. Les troupes soviétiques (portées à 150 000 hommes) vont s’enliser, ne contrôlant qu’une faible partie du pays, subissent des pertes (15 000 tués) et finalement se démoralisent, puis se retirent du pays 10 ans plus tard.

Proche-Orient

  • 16 juin : attentat islamiste en Syrie. Un commando attaque l’école d’artillerie d’Alep et assassine 83 cadets, tous de confession alaouite. 6 000 opposants islamistes sont arrêtés[95]. Le mouvement islamiste s’implante surtout dans les grandes villes du Nord (Alep, Hama, Homs, Lattaquié) et délaisse Damas solidement tenue par les forces armées et policières du régime.
  • 16 juillet : Saddam Hussein devient Président de la République en Iraq après avoir écarté du pouvoir son oncle, le général Ahmad Hasan al-Bakr, dirigeant baasiste historique. Il cumule les fonctions de président de la République, secrétaire général du Ba’th, chef du conseil de commandement de la révolution et commandant en chef des forces armées. Dans les jours qui suivent (28 juillet), ses opposants au sein du Ba’th, en majorité chiites, sont éliminés[96].
  • 25 octobre : traité de Moscou entre L’URSS et le Yémen du Sud[89]. Les tensions entre le Yémen du Sud et le Yémen du Nord, aiguisées par la découverte de gisements pétroliers sur des frontières mal définies, poussent le gouvernement du sud à s’allier avec l’Union soviétique, à laquelle il accorde des facilités navales et aériennes.
Les insurgés saoudiens qui occupaient la Grande Mosquée de La Mecque.
29 novembre : manifestations chiites à Safwa en Arabie saoudite.
  • 25-28 novembre : les populations chiites de l’est du royaume saoudien, qui n’ont pas le droit de célébrer leurs culte, prises dans l’exaltation de la révolution iranienne, organisent des manifestations religieuses (Achoura) immédiatement réprimées par la police[98] (19 morts).
1er février : retour de l’ ayatollah Khomeyni.
  • 10-12 février : les « Trois glorieuses » de Téhéran. Les groupes armés islamistes et marxistes prennent le contrôle de l’insurrection populaire[99]. Le 11 février, l’ayatollah Khomeyni annonce la victoire de la révolution et prend le pouvoir. Il établit une théocratie autoritaire où il s’attribue le pouvoir suprême d’arbitrage. Il fonde une république islamique basée sur le retour à la pureté religieuse et sur le rejet de l’occidentalisation. L’Iran de Khomeyni, hostile au "grand Satan" américain, déteste aussi l’Union soviétique et lui barre l’accès au golfe Persique et aux gisements pétroliers. Il suscite son inquiétude de voir s’étendre la contestation religieuse en Asie centrale soviétique, une des raisons de l’intervention en Afghanistan.
  • 17 février : début des exécutions d’opposants par les commandos de Khomeyni[99].
  • 19 février : fuite de l’ancien Premier ministre Shapour Bakhtiar pour Londres (24 mars[101]) puis Paris (juillet) ; Mehdi Bazargan devient Premier ministre[99].
La statue du shah Mohammad Reza Pahlavi déboulonnée à l’ Université de Téhéran lors de la révolution.

Europe

  • 30 novembre : « I want my money back », déclare Margaret Thatcher lors du sommet des chefs d’État européens réunis à Dublin ; elle ouvre la négociation sur la contribution financière du Royaume-Uni au budget de la CEE qu’elle considère comme trop importante par rapport aux avantages tirés par l’agriculture britannique (2 % du PIB)[125].

Personnalités majeures décédées en 1979 :

John Wayne

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