1980

1980 est une année bissextile commençant un mardi.

Afrique

Les assaillants de Gafsa après leur capture.
  • 9 - 15 juin : conférence ministérielle de l’OUA tenue à Banjul en Gambie. Amendement de la Charte proposant de définir trois nouvelles missions essentielles : le maintien de la paix et de la sécurité, la protection des droits de l’homme et le règlement rapide des crises[13].

Amérique

  • 3 mars, Salvador : démission d’Héctor Dada. La première junte de gouvernement est dissoute et remplacée par une deuxième junte à laquelle participe le Parti démocrate-chrétien (PDC) de José Napoleón Duarte[24].
  • 24 mars : l’assassinat par l’armée de l’archevêque de San Salvador, Mgr Romero, figure emblématique de l’engagement de l’Église aux côtés des paysans révoltés, ouvre une guerre civile qui provoquera la mort de 70 000 personnes en dix ans[25].
  • 28 mars : crise économique en Argentine. Faillite de la première banque privée du pays, la Banco de Intercambio Regional[25].
  • 5 avril-31 octobre : exode de Mariel. 125 000 cubains, considérés comme contre-révolutionnaires par le pouvoir castriste, reçoivent l’asile politique aux États-Unis[26].
  • 20 avril, Honduras : les militaires au pouvoir organisent des élections pour une Assemblée constituante après avoir interdit le parti social-chrétien et le parti communiste et tenté de ranimer leur alliance avec le parti national. À l’issue d’élections relativement honnêtes avec seulement 20 % d’abstention, le parti libéral remporte nettement les élections, ce qui manifeste un net rejet du régime militaire. L’élection présidentielle est prévue pour 1981. Le général Policarpo Paz García demeure président par intérim[25].
Andrés Zaldívar et Eduardo Frei Montalva au théâtre Caupolicán de Santiago, lors du rassemblement des opposants au projet de constitution chilienne.
Bulletin pour le NON à la réforme constitutionnelle en Uruguay


  • Le jésuite espagnol Fernando Hoyos décide de se joindre à la guérilla guatémaltèque et devient le comandante Carlos[34].

Asie et Pacifique

Proche-Orient

  • 1er avril, Irak : attentat manqué contre Tarek Aziz, membre important du gouvernement de confession chrétienne[55].
  • 6 avril : début de l’expulsion des chiites d’origine iranienne d’Irak[56].
  • 8 avril, Irak : exécution du leader révolutionnaire chiite Muhammad Baqir al-Sadr[57]. La répression s’abat sur le clergé chiite, décimant des familles cléricales entières. Les villes saintes chiites se trouvent placées sous un régime d’arbitraire policier.
  • 22 mai : amendement de la Constitution égyptienne. La loi islamique devient la source principale de la législation en Égypte[59].
  • 27 mai-7 juin : des pogroms anti-alévis dans la province de Çorum en Turquie font une cinquantaine de morts[60]. Le 4 juillet, un groupe de militants nationalistes sunnites attaquent les quartiers alévis ; 26 personnes sont tuées, 36 maisons et 12 boutiques détruites[61].
Northrop F-5 iraniens pendant la guerre Iran-Irak.
  • 24 décembre : l’aviation irakienne bombarde le terminal pétrolier de Kharg. L’Irak ouvre un second front au nord dans les régions kurdes iraniennes[58]. Son offensive s’enlise à la fin de l’année et les opérations militaires se transforment en guerre de position. Les États-Unis n’interviennent pas. La guerre dure jusqu’en 1988.

Europe

  • 19 juillet-3 août : jeux olympiques de Moscou, boycottés par 56 pays[81].
  • 1er août :
    • Vigdís Finnbogadóttir est la première femme présidente de la république d’Islande[83].
    • loi sur l’emploi règlementant la pratique des piquets de grève et interdisant les grèves de solidarité au Royaume-Uni[84]. Elle soumet l’exercice du monopole syndical d’embauche à un vote à bulletin secret de la base, avant qu’une nouvelle loi ne le déclare illégal en 1982.
  • 2 août : attentat de la gare de Bologne revendiqué par l’extrême droite. Une bombe laissée dans la salle d’attente de la gare tue 85 personnes et blesse 210 personnes[85].
  • 1er juillet : à la suite de la hausse du prix de la viande provoque une grève générale à Lublin qui s’étend rapidement dans les ports de la Baltique et en Silésie[94]. Des mouvements revendicatifs dans les usines exigent durant tout le mois des augmentations de salaires. Le pays est paralysé.
  • 14 août : les 17 000 ouvriers des chantiers navals Lénine de Gdańsk se mettent en grève pendant trois semaines après le licenciement d’une responsable syndicale non officielle[95].
  • 16 août : création à Gdańsk d’un comité de grève inter-entreprises, qui présente vingt et une revendications[96]. Les négociations n’avancent pas à Gdańsk, les grèves se propagent la semaine suivante à Szczecin et aux autres ports de la Baltique[97].
  • 20 août : arrestation d’une vingtaine de dissidents[98].
  • 24 août : Jozef Pinkowski (en) devient premier ministre, à la place d’Edward Babiuch[97].
Les représentants du gouvernemen et des travailleurs lors des négociations à Szczecin le 23 août.
  • 31 août : à Gdańsk, Mieczyslaw Jagielski, vice-premier ministre chargé des négociations, et Lech Wałęsa, un électricien des chantiers navals Lénine chef de file du mouvement, parviennent à un accord[94]. Les autorités communistes doivent faire des concessions sans précédent. Les grévistes obtiennent la création de syndicats indépendants, le droit de grève, des augmentations de salaire, la libération des prisonniers politiques et un assouplissement de la censure. Fin des grèves. Les dissidents arrêtés le 20 sont libérés.
  • 17 septembre : fondation du syndicat « Solidarność », fort de dix millions d’adhérents, avec, à sa tête Lech Wałęsa, reconnu par la Cour Suprême le 10 novembre[97]. Il est constitué à partir de 38 comités inter-entreprises. Il accepte en contrepartie la Constitution polonaise, le rôle dirigeant du parti communiste dans l’État et les alliances existantes. Mais les grèves sporadiques continuent dans le pays et Moscou commence à s’inquiéter. L’URSS dénonce l’accord de Gdańsk comme une menace de renversement du système communiste.
  • 27 novembre : pour éviter une grève générale autour de Varsovie, libération de deux hommes du syndicat Solidarité arrêtés le 21[99].

Personnalités majeures décédées en 1980 :

Jean-Paul Sartre

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