1988

1988 est une année bissextile commençant un vendredi.

1er juin : sommet de Moscou.

Afrique

12-20 janvier : bataille de Cuito Cuanavale pendant la Guerre de la frontière sud-africaine. L’Angola sert de base arrière au mouvement de libération de Namibie (SWAPO). Les troupes sud-africaines, envahissent le sud de l’Angola au début de l’année pour appuyer l’UNITA, mouvement dirigé par Jonas Savimbi contre les marxistes du MPLA. Leur échec ouvre la voie à la médiation américaine.
  • 12 janvier : le gouvernement Hamrouche vote une loi d'orientation économique sur les entreprises publiques, qui gagnent en autonomie par apport à la tutelle de l'État.
  • Février : visite d'une délégation palestinienne à Alger.
  • Juin : nouvelles mesures d'austérité (préconisées par le FMI), afin de rétablir les comptes publics.
  • 4 octobre : Emeutes populaires en Algérie. L’Algérie connait une crise économique sans précédent mêlant chômage, inflation et un blocage institutionnel. Une population importante descend dans la rue, pour dénoncer l'injustice, la corruption et l’affairisme du système politique algérien. La capitale est rapidement paralysée par les manifestants, devant l'inaction initiale des forces de l'ordre.
  • 5 octobre : Le mouvement s’étend au principales les villes du pays. L'absence de réaction initiale de l'État et la récupération du mouvement par les islamistes provoque la radicalisation des manifestations avec de nombreuses destructions matérielles et les premiers morts des émeutes. Devant l'aggravation sans précédent de la situation sécuritaire, l'armée fait pression sur la présidence pour remplacer un pouvoir civil défaillant.
  • 6 octobre : proclamation de l’État de siège. L’armée se déploie dans les principales villes du pays et tire à la mitrailleuse sur la foule. Plus de 500 personnes sont tuées (161 selon les autorités) et des milliers d’autres arrêtées et torturées[21].
  • 10 octobre : dans un discours à la télévision nationale, le président Chadli annonce des réformes économiques et sociales avec l’instauration du multipartisme et de la démocratie. Le même jour, des milliers d’islamistes manifestent dans les rues de la capitale pour réclamer l’instauration de la loi islamique[22].
  • 15 novembre : le Conseil national palestinien proclame l'indépendance de État de Palestine depuis Alger.
  • 22 décembre : Chadli Bendjedid, candidat unique, est réélu président de la République Algérienne avec 93,3 % des voix.

Amérique

Rues de Kingston après le passage de l’ouragan Gilbert.
6 octobre : célébration de la victoire du Non lors du référendum au Chili
  • 5 octobre :
    • référendum au Chili. 54 % des votants s’opposent à la prolongation du mandat de Pinochet et se prononcent pour la tenue d’élections générales. L’opposition victorieuse se divise pour savoir si elle doit présenter un candidat unique et un programme commun de gouvernement[28]. Elle y renonce provisoirement. Système constitutionnel au Chili. Des élections libres portent au pouvoir un gouvernement chrétien-démocrate.
Promulgation de la Constitution au Brésil.

Asie et Pacifique

Benazir Bhutto en visite à Washington en juin 1989.

Proche-Orient

  • 8 janvier, Intifada : un communiqué des « Forces nationales palestiniennes » lance un mot d’ordre de grève générale. Le 10 janvier est mis sur pied la Direction patriotique unifié du soulèvement, qui réclame l’intensification de la lutte et l’édification d’un État palestinien indépendant[63]. Du 11 au 13 janvier, les commerçants palestiniens entrent en grève dans les centres urbains des Territoires occupés. Dans les campagnes, des barrages sont dressés sur les routes Yitzhak Rabin est chargé de réprimer l’insurrection, qui prend une ampleur considérable. Une partie des islamistes se rallient tandis que les plus radicaux forment dès décembre 1987 le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) dont le programme est la lutte permanente et la disparition totale de l’État d’Israël[64]. L’Intifada s’organise autour de comités populaires chargés de mettre en œuvre les consigne de la direction unifiée : grèves, boycott des marchandises israéliennes, refus de payer les taxes israéliennes, etc. Le soulèvement fait en moyenne un mort palestinien par jour. Environ 15 000 Arabes sont emprisonnés. Peu à peu, les Territoires occupés cessent d’être pour Israël une source de revenus et deviennent une charge financière.
  • 17 février : enlèvement du colonel américain William R. Higgins (en), commandant en chef de l'ONUST[65].
Manifestation à Erevan durant l’été. En Arménie, le Comité Karabakh, formé par un groupe d’intellectuels, se fait le porte-parole des aspirations à la démocratisation, à la liberté et à la souveraineté nationale. La question du Haut-Karabagh débouche sur un conflit sanglant avec l’Azerbaïdjan.

Europe

  • 3 mars : en République socialiste de Roumanie, Nicolae Ceaușescu annonce un programme de repeuplement forcé prévoyant la démolition de près de 8 000 villages, le relogement des travailleurs agricoles et de leurs familles dans des tours en béton (politique de « systématisation »), et l’édification de monuments grandioses et peu réalistes à la gloire du régime et de son dirigeant, le Conducator[88]. Ceausescu abaisse le niveau de vie des Roumains pour rembourser sa dette extérieure. Des milliers de Hongrois de Transylvanie, menacés dans leur identité, fuient vers la République populaire de Hongrie. La politique des Ceausescu (sa femme Elena prend de plus en plus d’influence) ruine le pays, mais la population ne bouge pas, terrifiée par la police secrète, la Securitate.
  • 13 mars, URSS : affaire Nina Andreeva, une chimiste de Leningrad qui signe un article de presse d’esprit staliniste dans le Sovetskaya Rossiya[89]. L’opposition à Mikhaïl Gorbatchev amorce un retour, mais celui-ci contre-attaque et profite de son prestige de secrétaire général pour faire adopter par la 19e conférence du parti des mesures radicales (28 juin)[90].
Mai : manifestation des étudiants de l’Université de Varsovie.
  • 26 avril-5 mai : vagues de grèves en Pologne provoquées par les hausses de prix, dans les aciéries de Nowa Huta et de Stalowa Wola, puis dans le chantier naval Lénine de Gdansk le 2 mai[91].
  • 22 mai : en République populaire de Hongrie, János Kádár est remplacé au poste de secrétaire général par le Premier ministre Károly Grósz qui établit un austère programme économique avec de nouveaux impôts, des suppressions de subventions et la création d’un petit secteur privé[92]. Grósz tempête contre la prétendue « terreur blanche » et y trouve prétexte pour refuser tout pluralisme. Mais il se heurte à l’opinion et le régime doit faire marche arrière. Le gouvernement assouplit la censure, autorise la formation de partis politiques indépendants et reconnaît le droit de grève et de manifestation.
  • 24 mai : début d’une vague de manifestations ouvrières en Yougoslavie contre la chute du niveau de vie et la corruption, à la suite des mesures d’austérité prises le 15 mai, en particulier le gel des salaires[93]. Le 6 juillet plusieurs milliers de grévistes envahissement le Parlement fédéral de Belgrade[94].
  • 4 juin, à 9:00. 32 min : désastre d’Arzamas. L’explosion de trois wagons de marchandises transportant 117,6 tonnes d’explosifs industriels (hexogène)[95] tue 91 personnes, dont 12 enfants, et fait plus de 700 blessées.
  • 10-17 juin : manifestations nocturnes spontanées lors du festival de chanson à Tallinn[96]. Les , un Estonien, Vaino Väljas remplace Karl Vaino à la tête de la République socialiste soviétique d’Estonie. Début de la Révolution chantante pour l’indépendance des pays baltes, qui culmine le 11 septembre avec plus de 250 000 personnes rassemblées à Tallinn[97].

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