Albert Dorville

Albert Dorville (ou d’Orville), de son vrai nom : Albert Le Comte d’Orville, né le à Bruxelles (Belgique) et décédé le à Agra en Inde, était un prêtre jésuite du XVIIe siècle, missionnaire en Chine et au Tibet, cartographe et explorateur.

Dans sa jeunesse, le jeune Albert, fils d’aristocrates, vécut à la cour du duc de Neubourg. Dorville entra dans la Compagnie de Jésus en 1646, et alors qu’il étudiait la théologie à Louvain il assista aux conférences sur la Chine données par le missionnaire jésuite italien Martino Martini, de passage à Louvain. Cela suscita en lui un grand désir d’y aller. Il obtint la permission de son provincial et, après son ordination sacerdotale en 1654, il rejoignit Martini à Rome et l'accompagna ensuite dans son voyage de retour en Chine.

Partis de Lisbonne en avril 1657, Martini, Dorville et 17 autres compagnons (dont Ferdinand Verbiest et Philippe Couplet) arrivèrent à Macao le . Après y avoir passé un certain temps pour une première initiation à la langue chinoise, Dorville fut envoyé comme missionnaire dans la province de Shanxi. Il n’y resta pas longtemps, car il fut désigné pour accompagner Johann Grueber dans un voyage d’exploration dont l'objet était de découvrir une route plus courte pour relier la Chine à l’Europe.

Partis de Pékin le , ils entrèrent au Tibet le , atteignirent sa capitale Lhassa le [1], y restant un mois, sous le règne du 5e Dalai Lama. Ils sont les premiers Européens à visiter la capitale tibétaine après, peut-être, le franciscain Odoric de Pordenone, en 1328.

Tout au long du voyage, Dorville fait de nombreux relevés cartographiques, déterminant avec précision la latitude et la longitude des lieux visités. Les voyageurs traversent le Népal et restent un mois à Katmandou (). Entrés en Inde le , ils visitent Patna et arrivèrent enfin à Agra, la capitale de l’Empire moghol le . Gravement malade et épuisé par le voyage Dorville meurt quelques jours après son arrivée à Agra, le .

Après son arrivée à Rome, en 1664, Grueber fit une narration de ce voyage à Athanasius Kircher, qui la décrivit dans un livre en latin, China illustrata. De nombreuses et intéressantes observations géographiques, culturelles et socio-religieuses furent faites sur les pays visités et les peuples rencontrés ; on les trouve dans les Lettres édifiantes et curieuses envoyées de Chine et du Tibet. Mais quant à l’objectif premier du voyage, il fut considéré comme un échec : on continua, et pour de nombreuses années, à prendre de préférence le bateau entre Goa et Macao... La voie par terre était trop longue, éprouvante et dangereuse.

  • Henri Bosmans, Documents sur Albert Dorville de Bruxelles, missionnaire de la Compagnie de Jésus au XVIIe siècle, Louvain 1911.
  • (en) C. Wessels, Early Jesuit travellers in Central Asia (1603-1721), La Haye, Martinus Nijhoff, 1924, pp. 164–202.
  • (en) F. Braumann (dir.), Johannes Grueber. Als Kundschafter des Papstes nach China (1656-1664), Stuttgart, 1985.
  • (en) Henry Heras, The tomb of Albert d’Orville, dans AHSI, vol.2 (1933), pp. 17–24.

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