Barney Wilen

Bernard Jean Wilen, dit « Barney Wilen », né le à Nice et mort le à Paris, est un saxophoniste de jazz français. Il jouait principalement du saxophone ténor.

Né à Nice, d'un père américain et d'une mère française, le jeune Barney commence à se produire dans les clubs de sa ville sur les encouragements de l'écrivain Blaise Cendrars, qui est un ami de sa mère.

Sa carrière s'intensifie en 1957 : le trompettiste Miles Davis, de passage à Paris, est chargé de créer la musique du premier long métrage de Louis Malle, Ascenseur pour l'échafaud, et il recrute Barney Wilen, alors âgé de 20 ans, ainsi que le pianiste René Urtreger, le contrebassiste Pierre Michelot et le batteur Kenny Clarke. C'est les yeux rivés sur l'écran installé dans le studio qu'ils improvisent ensemble et enregistrent la bande-son du film, en une nuit, « sur les idées esquissées par Miles Davis : un parfait contrepoint aux images du film »[1].

Deux ans plus tard, en 1959, Wilen enregistre avec le quintette du pianiste Thelonious Monk, puis est choisi par le batteur Art Blakey pour interpréter la musique des Liaisons dangereuses 1960, de Roger Vadim. Cette année-là, il apparaît dans l'émission télévisée Jazz memories, archivée par l'INA, dans l'épisode « En direct du club Saint Germain »[2]. On le voit interpréter, aux côtés de Clark Terry, Kenny Clarke, Pierre Michelot et Bud Powell, les titres No Problem et Miguel's Party de la bande originale du film Les liaisons dangereuses 1960. Il est interviewé par le présentateur Sim Copans, à qui il explique revenir des États-Unis, où il a participé au Festival de Jazz de Newport avec la pianiste Toshiko Akiyoshi, le contrebassiste Tommy Bryant et le batteur Roy Haynes. On peut aussi voir dans cet enregistrement Jacques Thollot, alors âgé de treize ans et jouant à la batterie le standard de jazz A Night in Tunisia, de Dizzy Gillespie.

Durant les années 1960, Barney Wilen s'intéresse au rock et enregistre en 1968 un disque consacré à Timothy Leary. En 1969, il part en Afrique avec Caroline de Bendern, des musiciens et une équipe de tournage ; il en rapporte un disque, Moshi (1972), synthèse de jazz et de musiques africaines, que Pierre Barouh, sur le coffret Dix ans de Saravah qualifiera d'« album superbe passé inaperçu »[3]. Suit une période de silence jusqu'aux années 1980, où il compose, ainsi que dans la décennie suivante, plusieurs musiques pour des films français. Wilen travaille également avec des rockeurs punk, avant de revenir au jazz dans les années 1990.

Il décède d'une crise cardiaque à Paris le 25 mai 1996, à l'âge de 59 ans[4],[5].

Hommages

Barney Wilen est nommé dans le 235e des 480 souvenirs cités par l'écrivain Georges Perec dans Je me souviens (1978).

La bande dessinée Barney et la note bleue, de Loustal (dessin) et Paringaux (texte), parue initialement en 1985 dans le magazine (À suivre), est très librement inspirée de sa vie. Barney Wilen a rencontré les deux auteurs après la parution ; cette rencontre a débouché sur le disque La Note bleue, qui se veut la « bande originale » de la BD.

En 2006, un film documentaire intitulé Barney Wilen, the rest of your life[6] lui est consacré par le réalisateur Stéphane Sinde.

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