France

La France (Écouter), en forme longue depuis 1875 la République française ( Écouter), est un État souverain transcontinental dont le territoire métropolitain est situé en Europe de l'Ouest. Ce dernier a des frontières terrestres avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, l'Espagne et les deux principautés d'Andorre et de Monaco. La France dispose aussi d'importantes façades maritimes sur l'Atlantique et la Méditerranée. Son territoire ultramarin s'étend dans les océans Indien, Atlantique et Pacifique ainsi qu'en Amérique du Sud, et a des frontières terrestres avec le Brésil, le Suriname et les Pays-Bas.

Fruit d'une histoire politique longue et mouvementée, la France est une république constitutionnelle unitaire ayant un régime semi-présidentiel. La devise de la République est depuis 1875 « Liberté, Égalité, Fraternité » et son drapeau est constitué des trois couleurs nationales : bleu, blanc, rouge. Son hymne national est La Marseillaise, chant patriotique hérité de la Révolution française. Son principe constitutif est la démocratie : le « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Elle a pour capitale Paris et pour langue officielle le français depuis 1539, remplaçant le latin. Ses monnaies sont l'euro depuis 2002 dans la majeure partie du pays et le franc Pacifique dans ses territoires de l'océan Pacifique.

La France tire son nom des Francs, peuple germanique qui a institué les premiers fondements de son État sur les bases de la Gaule romaine. C'est au fil des siècles, par des guerres, des mariages politiques et des unions souveraines, que cet État monarchique et catholique va peu à peu constituer autour de lui une véritable fédération de provinces, qui finira par se cristalliser en une nation unique sous l’effet d’une politique d'uniformisation administrative et culturelle, portée à son aboutissement par la Révolution française et la fin du régime féodal.

Du milieu du XVIe siècle au milieu du XXe siècle, elle possède un vaste empire colonial. À partir des années 1950, elle est l'un des acteurs de la construction de l'Union européenne. Deuxième armée européenne derrière la Russie, troisième puissance nucléaire et spatiale mondiale[6],[7], cinquième puissance militaire mondiale[8], l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et membre de l'OTAN, la France est également membre du G7, du G20, du Conseil de l'Europe, de la zone euro, de l'espace Schengen, de la commission de l'océan Indien, de la communauté du Pacifique, et abrite le siège du Conseil de l'Europe, de l'UNESCO, de l'OCDE, etc. Elle exerce ainsi une influence notable en matière politique, économique, militaire et culturelle, en Europe et dans le reste du monde, elle est classée en 2019 au premier rang mondial de l'indice Soft Power 30 grâce à sa vaste portée diplomatique, sa riche offre culturelle et de la forte maîtrise internationale du président de la République[9].

Seul pays au monde à exercer sa souveraineté sur des territoires répartis sur quatre océans et deux continents[10],[N 7], elle joue un important rôle géopolitique au niveau mondial, grâce à un réseau d'ambassades et de consulats étendu, le deuxième au monde derrière celui des États-Unis, et elle dispose de bases militaires sur tous les continents et de la troisième puissance nucléaire militaire mondiale. La France possède dans les mers la première zone économique exclusive au monde, à laquelle s'ajoute une extension du plateau continental de 579 000 km2 en 2015[11] et c'est un des premiers pays du monde pour la variété de ses milieux maritimes et leur biodiversité[12].

La France est, avec un PIB nominal de 2 775 milliards de dollars US en 2018 selon le FMI, la troisième économie européenne derrière l'Allemagne et le Royaume-Uni, la sixième économie mondiale[13]. Malgré un taux de chômage relativement important, elle affiche un niveau de vie « très élevé » (24e au classement IDH en 2018). Elle figure parmi les chefs de file mondiaux dans les secteurs de l'agroalimentaire, de l'aéronautique, de l'automobile, des produits de luxe, du tourisme et du nucléaire. Au , la population de la France est d'environ 67,8 millions d'habitants, selon les estimations publiées par l'Insee : 65 018 000 dans les régions métropolitaines, 2 169 000 dans les régions ultramarines et 608 200 dans les collectivités d'outre-mer et en Nouvelle-Calédonie.

Désormais troisième pays le pays le plus peuplé d'Europe de l'Ouest, derrière l'Allemagne et le Royaume-Uni, et deuxième au sein de l'Union européenne, derrière l'Allemagne[14],[15], la France est aussi le plus vaste pays de l'Union européenne et le troisième pays le plus vaste d'Europe[16]. Sa culture et sa civilisation sont diffusées par les pays francophones à travers le monde, réunis dans l'Organisation internationale de la francophonie. Traditionnellement utilisé comme langue de la diplomatie, le français est la quinzième langue maternelle la plus parlée au monde et une des langues ayant la plus grande diffusion internationale. Il est une des six langues officielles et une des deux langues de travail (avec l'anglais) de l'Organisation des Nations unies, l'une des deux langues officielles du Comité international olympique, et langue officielle ou de travail de plusieurs organisations internationales ou régionales. Le français est également l'une des trois langues de travail de l'Union européenne, avec l'allemand et l'anglais.

Localisation, frontières et superficie

La partie européenne de la France est appelée France métropolitaine. Elle est située à l'extrémité occidentale de l'Europe, et sa délimitation est restée inchangée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et le traité de Paris en 1947. Elle est bordée par la mer du Nord au nord, la Manche au nord-nord-ouest, la mer Celtique à l'ouest-nord-ouest, le golfe de Gascogne à l'ouest et la mer Méditerranée au sud-est. Elle est frontalière de la Belgique au nord-nord-est, du Luxembourg au nord-est, de l'Allemagne à l'est-nord-est, de la Suisse à l'est, de l'Italie à l'est-sud-est, de Monaco au sud-est et de l'Espagne et Andorre au sud-sud-ouest.

Les frontières à l'est, au sud-est et au sud-ouest du territoire métropolitain sont établies en s'appuyant sur des cours d'eau et des massifs montagneux, à savoir le Rhin, le Jura, le Léman, les Alpes et les Pyrénées[N 8], tandis qu'au nord-est la frontière ne se fonde pas sur des éléments naturels.


La France est également composée de nombreux territoires situés en dehors du continent européen, couramment appelés France d'outre-mer, qui lui permettent d'être présente dans tous les océans du monde sauf l'océan Arctique.

Ces territoires ont des statuts variés dans l'administration territoriale de la France et sont situés :


La France possède des frontières terrestres avec le Brésil et le Suriname en Guyane, ainsi qu'avec les Pays-Bas via la partie française de Saint-Martin.

La longueur du littoral de la France métropolitaine est de 5 853 km et de 15 945 km, Outre-Mer inclus[17].

Selon l'Insee, la France métropolitaine couvre 543 940 km2, tandis que l'IGN, qui prend en compte toutes les surfaces jusqu'à la laisse de basse mer, comptabilise une superficie de 551 695 km2 qui constitue la valeur officielle.

Des différences similaires apparaissent pour la superficie de la France métropolitaine et des DOM qui s'établit à 633 109 km2 pour l'Insee (superficie cadastrale) et à 641 184 km2 pour l'IGN (superficie géodésique). La superficie de la France entière, comprenant les DROM, les COM et les TOM[N 11], mais hors Terre Adélie s'établit à 672 051 km2.

La France est le 42e plus grand État du monde par sa surface terrestre. C'est aussi le troisième plus grand pays d'Europe, après la Russie et l'Ukraine, ou le deuxième si on inclut les départements ultra-marins, et le plus grand de l'Union européenne.

Géologie, topographie et hydrographie

Topographie de la France métropolitaine.
Géologie de la France métropolitaine.

Le territoire métropolitain de la France offre une grande variété d'ensembles topographiques et de paysages naturels[b 1]. De vastes parties du territoire européen actuel de la France ont été soulevées lors de plusieurs épisodes tectoniques, notamment la surrection hercynienne à l'ère paléozoïque qui est à l'origine des massifs armoricain, central, morvandiau, vosgien, ardennais et corse[b 2]. Les massifs alpin, pyrénéen et jurassien sont eux beaucoup plus jeunes, et possèdent des formes moins érodées[b 2] — les Alpes culminent à 4 809 mètres d'altitude au mont Blanc[18]. Bien que 60 % des communes soient classées comme présentant des risques sismiques, ceux-ci restent modérés[19].

Ces massifs délimitent plusieurs bassins sédimentaires, notamment le Bassin aquitain au sud-ouest et le Bassin parisien au nord[b 2] — ce dernier comprend plusieurs régions au sol particulièrement fertile, notamment les plateaux limoneux de la Beauce et de la Brie[b 3]. En outre, diverses voies de passage naturelles, telles que la vallée du Rhône, permettent des communications aisées[b 4]. Les littoraux offrent des paysages assez contrastés ; il s'agit tantôt de retombées de massifs montagneux (la Côte d'Azur par exemple), de plateaux se terminant sur des falaises (la Côte d'Albâtre) ou de larges plaines sableuses (la plaine du Languedoc)[b 5].

Le réseau hydrographique de la France est principalement organisé autour de quatre grands fleuves, la Loire, la Seine, la Garonne et le Rhône[b 6], auxquels on peut ajouter la Meuse et le Rhin, moins importants en France mais majeurs à l'échelle européenne. Le bassin versant français des quatre premiers correspond à plus de 62 % du territoire métropolitain[b 6].

Les territoires ultramarins, de par leur dispersion dans différents océans et continents, présentent tous des caractéristiques topographiques spécifiques. Ils partagent toutefois un certain nombre de points communs, notamment des contraintes, des risques ou des potentialités physiques, à commencer par l'insularité (à l'exception de la Guyane)[20]. La plupart de ces îles sont d'origines volcaniques, sous la forme d'arcs volcaniques liés à une subduction (la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Barthélemy et Saint-Martin dans les Petites Antilles, les îles Matthew et Hunter au sud de l'arc du Vanuatu ou les îles Loyauté en Nouvelle-Calédonie), de chapelets d'îles formés initialement autour de points chauds sur la lithosphère océanique (les archipels constitutifs de la Polynésie française ou des TAAF, La Réunion, Mayotte dans l'archipel des Comores, Clipperton), de plateaux volcaniques issus de panaches mantelliques (le plateau des Kerguelen dont les terres émergées forment l'archipel du même nom et celui de l'archipel Crozet dans les TAAF) ou de composantes en partie immergées d'un massif montagneux sur la lithosphère continentale (Saint-Pierre-et-Miquelon est ainsi lié à l'orogenèse des Appalaches)[21].

Les âges plus ou moins anciens des épisodes volcaniques qui ont provoqué leur formation expliquent des degrés divers d'érosion des reliefs, de subsidences, de formations de récifs coralliens et de dépôts calcaires. De ce fait, plusieurs de ces îles conservent un reliquat rocheux plus ou moins élevé des anciens volcans (les « îles hautes », avec ou sans bordure corallienne), qu'ils soient inactifs (dans la plupart des îles hautes de Polynésie française comme Tahiti, les îles Matthew et Hunter en Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Mayotte, les îles Kerguelen en TAAF), potentiellement actifs (l'île de la Possession dans l'archipel Crozet et les TAAF), ou actifs (la Soufrière sur Basse-Terre en Guadeloupe, la montagne Pelée en Martinique, le piton de la Fournaise à La Réunion, Mehetia dans l'archipel de la Société en Polynésie française, les îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam dans les TAAF)[21]. C'est dans ces îles hautes que se trouvent les points culminants de l'Outre-mer français. Les deux seuls territoires ultramarins à avoir des sommets dépassant les 2 000 m d'altitude sont La Réunion (culminant au piton des Neiges à 3 070,5 m) et Tahiti (le mont Orohena atteint 2 241 m).

Les îles les plus anciennes ou touchées par d'autres phénomènes géologiques ont des reliefs beaucoup moins élevés et des sols davantage calcaires, ayant pu devenir des presqu'atolls (Clipperton, potentiellement Fatu Huku aux Marquises en Polynésie française), des atolls surélevés (Grande-Terre, Marie-Galante, La Désirade et les îles de la Petite-Terre en Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, les îles Loyauté mais aussi l'île des Pins en Nouvelle-Calédonie, Alofi à Wallis-et-Futuna, Makatea dans les Tuamotu ou Bora-Bora et Huahine dans l'archipel de la Société en Polynésie française, l'île Tromelin dans les îles Éparses de l'océan Indien et les TAAF) ou des atolls (nombreux en Polynésie française, également dans les récifs d'Entrecasteaux en Nouvelle-Calédonie, les îles Éparses de l'océan Indien dans les TAAF)[21].

Par ailleurs, l'archipel de la Nouvelle-Calédonie présente la particularité parmi les ensembles insulaires de l'Outre-mer français de n'avoir aucun lien avec une activité volcanique, ayant été formé par une série d'obductions du manteau au-dessus d'une partie des terres émergées du microcontinent Zealandia, ce qui explique sa richesse en roches ultramafiques (péridotites) et, par l'altération de ces dernières, en nickel. La Grande Terre, qui constitue la plus grande île française, et l'ensemble des îles qui la prolonge au nord-ouest (Bélep) et au sud-est (l'île des Pins) sont entourées d'une barrière de corail de 1 600 km de long (le deuxième plus grand ensemble corallien au monde après la Grande Barrière de corail) délimitant l'un des plus grands lagons du monde (24 000 km2)[21].

Seuls territoires continentaux de la France d'outre-mer, la Guyane et la Terre Adélie, sont tous les deux des composantes de cratons d'âges Précambriens où prédominent les roches métamorphiques (respectivement le plateau des Guyanes et celui d'Antarctique oriental) et, pour leurs littoraux comme pour les sols immergés, de marges continentales. Toutes deux présentent également le point commun d'être recouvertes, pour une grande majorité de leurs territoires, de milieux naturels spécifiques très peu touchés par les activités humaines : la forêt amazonienne pour la première et l'inlandsis de l'Antarctique pour la seconde[21].

La France dispose de 11 millions de km2 d'eaux marines sous sa juridiction, dans trois océans et à 97 % en outre-mer[22].

Climat

Carte des climats de France métropolitaine hors Corse en 2010.

Le climat de la France métropolitaine est fortement influencé par l'anticyclone des Açores, mais également par le Gulf Stream comme le reste de l'Europe de l'Ouest[23], avec des variantes régionales ou locales assez marquées. La France métropolitaine connaît des événements climatiques aux conséquences importantes : des tempêtes (celles de décembre 1999 ont abattu 7 % des arbres des forêts françaises[b 7]), des canicules (la canicule européenne de 2003 a fait 15 000 morts[b 7]), des incendies et des inondations.

On distingue usuellement le climat océanique strict très marqué à l'ouest[24] Il s'étend de la Flandre au Pays basque, sur une bande côtière de quelques dizaines de kilomètres (la limite est difficile à définir), plus étroite au nord et au sud, plus large en Bretagne qui est concernée en quasi-totalité par ce climat. Le climat océanique aquitain du sud-ouest est plus chaud car plus au sud[25]. Le climat de la façade nord-ouest est océanique mais plus frais que le climat océanique aquitain ; l'intensité des vents d'ouest y est beaucoup plus forte. Le climat océanique dégradé de plaine situé au centre-nord, est parfois appelé « parisien » car il correspond approximativement au bassin parisien, pour lequel le climat océanique est plus faiblement altéré. Le climat semi-continental au nord-est et au centre-est (Alsace, plaines de Saône ou du moyen-Rhône, plaines dauphinoises, auvergnates ou savoyardes) est lui-même subdivisé et possède des caractéristiques encore plus modifiées par le voisinage des massifs montagneux. Un climat semi-continental méridional caractérisé par un climat chaud existe dans les plaines de la vallée du Rhône autour de Lyon ainsi que celles du Forez. La Limagne et la région autour de Clermont-Ferrand connaît le même climat par l'effet de foehn et une position géographique dans la moitié sud de la France. Le climat semi-continental oriental quant à lui est présent de la Bourgogne jusqu'aux Ardennes. Enfin le climat montagnard est présent, principalement en altitude dans les Alpes, les Pyrénées, le Massif central, les Vosges, le Jura et la montagne corse.

Une grande partie de la France d'outre-mer est également soumise à des climats tropicaux (avec de fortes disparités)[b 8], auxquels il faut ajouter le climat équatorial de la Guyane[26], le climat subarctique de Saint-Pierre-et-Miquelon[27] et les climats océanique et polaire[28] des Terres australes et antarctiques françaises.

La température moyenne en France s'est élevée de 0,1 °C en moyenne par décennie au cours du XXe siècle[b 9]. Le à Vérargues, le thermomètre atteint 46 °C, établissant un nouveau record absolu de température en France métropolitaine depuis que les relevés existent[29].

Paysages et environnement

La France métropolitaine possède une grande variété de paysages, avec des plaines agricoles ou boisées, des chaînes de montagnes plus ou moins érodées, des littoraux diversifiés et des vallées mêlant ville et nature. La France d'outre-mer possède quant à elle une importante biodiversité, par exemple dans la forêt équatoriale guyanaise ou dans les lagons de Nouvelle-Calédonie[30]. La France est un des pays les plus boisés d'Europe occidentale, les forêts occupant 31 % du territoire métropolitain. La superficie forestière en métropole est constituée de 67 % de feuillus, 21 % de conifères et 12 % de peuplement mixte[31]. Les zones humides, qui concernent potentiellement environ un quart de la surface de la France, ont fortement régressé depuis le XIXe siècle[32].

Cette diversité des paysages et des écosystèmes est menacée par la fragmentation écologique des milieux due à un dense réseau routier[33], par le développement horizontal de l'urbanisation qu'il favorise, par l'artificialisation des côtes et par la pollution de son eau et de ses sols. Un tiers des eaux de surface sont de mauvaise voire de très mauvaise qualité, principalement à cause des pollutions industrielles[b 10] ; les pollutions agricoles liées à l'usage d'engrais et de pesticides ont quant à elles fortement détérioré la qualité des nappes phréatiques dans plusieurs régions, en particulier en Bretagne[b 11]. La littoralisation du peuplement et des activités[b 12] entraîne une extension et une densification du bâti sur les côtes[b 13], malgré la loi littoral de 1986 et l'intervention du Conservatoire du littoral[b 14] ainsi que le caractère inondable de certains secteurs. Quant aux infrastructures de transport, notamment routières, elles exposent leurs riverains à une pollution atmosphérique, sonore et visuelle importante[33].

Grâce à une politique de limitation de l'usage des produits pétroliers et à l'importance de l'énergie nucléaire, les émissions françaises de CO2 par tête sont inférieures à celles de la plupart de ses voisins européens, et a fortiori de celles des États-Unis[34]. Cependant, selon une étude du ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer publiée en 2010, « sur plusieurs points, le bilan environnemental demeure préoccupant, voire se détériore »[35]. Les émissions de gaz à effet de serre sur le territoire français représentaient en 2017 environ 1 % des émissions mondiales. Le profil des Français serait celui d'un « pollueur moyen » étant donné qu'ils forment environ 1 % de la population mondiale[36]. Ce chiffre de 1 % ne prend pas en compte l'ensemble de la pression exercée par le pays sur le climat. En effet, l'empreinte carbone de la France est environ 1,8 fois plus importante que ses émissions territoriales[37].

Avec une empreinte écologique par habitant de 4,9 hectares globaux (Hag) et une biocapacité par habitant de 3 Hag en 2011, la France est en déficit écologique[38].

La production de plastique en France a augmenté de 7,8 % entre 2016 et 2017[39]. Chaque année, 11 200 tonnes de déchets plastiques français sont déversés dans la Méditerranée[40]. Les rivières sont également atteintes par la pollution aux microplastiques[41].

En 2015, une commission d'enquête parlementaire indique que la pollution de l'air représente un coût annuel de 101,3 milliards d'euros pour la France[42]

Préservation de l'environnement

Les pouvoirs publics tentent depuis plusieurs décennies de répondre à ces défis environnementaux. Aux réserves naturelles et aux parcs nationaux se sont ajoutés depuis 1967 les parcs naturels régionaux[43], qui mêlent conservation et mise en valeur du patrimoine naturel et culturel[c 1] et couvrent, en 2018, 15 % du territoire français[44]. Six agences de l'eau ont été mises en place pour gérer et protéger les ressources en eau du pays[45],[b 10].

Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent. En , le réseau Natura 2000 compte en France 1 779 sites, dont 212 sites marins, comprenant :

La superficie totale est de 200 364 km2, ce qui représente 12,9 % de la surface terrestre métropolitaine (soit 7 millions d'hectares) et 33 % de la surface marine de la zone économique exclusive (soit 12,3 millions d'hectares)[46],[47],[48],[49].

Répartition spatiale des hommes et des activités

Ici figure une carte démographique de la France, montrant les densités de population par département et faisant figurer la « diagonale du vide » et la ligne Le Havre-Marseille.
Carte synthétique de la répartition de la population en France métropolitaine en 2010. Sont indiquées les densités de population par département, les 18 aires urbaines de plus de 400 000 habitants, la ligne Le Havre-Marseille et les limites approximatives de la «  diagonale des faibles densités ».
  • + de 5 000 hab/km2
  • de 300 à 1 000 hab/km2
  • de 150 à 250 hab/km2
  • de 100 à 150 hab/km2
  • de 70 à 100 hab/km2
  • de 40 à 70 hab/km2
  • - de 40 hab/km2
Densité de population par km 2 dans la partie européenne de la France en 2009.

La France métropolitaine est marquée par des déséquilibres spatiaux multiples. D'une part, elle possède l'originalité d'avoir une capitale six fois plus peuplée que la deuxième aire urbaine du pays[N 12], regroupant un quart des étudiants[I 2] et la quasi-totalité des sièges de grandes entreprises du pays[51]. D'autre part, la ligne Le HavreMarseille est souvent considérée comme la limite entre un ouest longtemps resté agricole et qui bénéficie actuellement d'un important essor démographique et économique[n 1], et un est à l'industrie et à l'urbanisation anciennes, aujourd'hui[Quand ?] en déclin. Enfin, des Ardennes au nord-est aux Landes au sud-ouest se dessine une « diagonale des faibles densités », caractérisée par un peuplement faible comparé au reste du pays et une économie souvent en difficulté[52].

Après un long exode rural au XIXe siècle et jusque dans la deuxième moitié du XXe siècle[n 2], le solde migratoire des campagnes françaises est redevenu positif dans les années 1990[n 1]. L'essentiel de la croissance urbaine se fait dans les zones périurbaines, de plus en plus éloignées de l'agglomération-centre[n 2]. Le tableau ci-dessous liste les principales villes du pays en 2017, classées par défaut en fonction de la population de leur aire urbaine (plus de 500 000 habitants).

Ville Aire urbaine[53] Pôle urbain[54] Commune[55]
Paris 12 628 266 10 784 830 2 187 526
Lyon 2 323 221 1 659 001 516 092
Marseille et Aix-en-Provence 1 760 653 1 590 867 863 310
142 482
Toulouse 1 360 829 968 638 479 553
Bordeaux 1 247 977 927 445 254 436
Lille 1 191 117 1 043 621 232 787
Nice 1 006 201 942 886 340 017
Nantes 972 828 650 081 309 346
Strasbourg 790 087 467 438 280 966
Rennes 733 320 335 092 216 815
Grenoble 689 840 510 858 158 454
Rouen 666 035 467 575 110 145
Toulon 629 334 575 347 171 953
Montpellier 616 296 440 997 285 121
Douai et Lens 539 666 503 966 39 700
31 415
Avignon 530 267 457 684 91 921
Saint-Étienne 520 640 374 243 172 565

Axes de communication et transports

Viaduc de Millau, plus haut pont du monde, sur l' autoroute A75

En raison de sa situation géographique qui forme un carrefour européen, la France est un pays de passage[b 15]. Elle est en effet le passage obligé pour les hommes et les marchandises circulant par voie terrestre entre la péninsule Ibérique et le reste de l'Europe ainsi que, depuis l'ouverture en 1994[56] du tunnel sous la Manche, entre le Royaume-Uni et le continent[b 15]. Héritages de l'histoire, les réseaux de transports français sont très centralisés autour de Paris[b 16] ; cette centralisation est particulièrement forte dans les transports ferroviaires et aériens, même si elle commence à diminuer[57].

Le transport routier est le principal mode de transport utilisé en France, en 2014, il représentait 83 % des trafics voyageurs et 85 % des trafics marchandises[N 13],[58]. La France compte près d'1,1 million de kilomètres de routes en 2014, dont la quasi-totalité est revêtue[59]. Depuis la Libération, la France s'est dotée d'un réseau autoroutier étendu, qui totalise 11 560 km en 2014[59]. Depuis quelques décennies, les politiques publiques s'attachent à réduire les accidents mortels sur la route, dont les principales causes identifiées sont la vitesse et l'alcool[j 1], et cherchent à promouvoir d'autres moyens de transport moins polluants que la voiture individuelle[i 1].

Le réseau ferré national, quant à lui, date pour l'essentiel du milieu et de la fin du XIXe siècle ; en 2018, il compte environ 28 000 km de lignes, dont plus de la moitié sont électrifiées et 2 800 km de lignes à grande vitesse[60]. L'essentiel du trafic est géré par la société anonyme à capitaux publics SNCF sur des lignes appartenant à l'État et attribuées à SNCF Réseau, une filiale de la société. Depuis les années 1980, le trafic voyageurs augmente en France grâce à la prise en charge par les régions du trafic régional et local et surtout grâce à la naissance et à l'extension continue du réseau de lignes à grande vitesse parcouru par le TGV[61]. En revanche le trafic fret est en constante diminution. Par ailleurs, les principales villes du pays sont dotées d'un réseau ferroviaire urbain, de type métro (Paris, Lyon, Lille, Marseille, Toulouse et Rennes), tramway (Paris, Lyon, Marseille, Nantes, Strasbourg, Bordeaux, Toulouse, Grenoble, Montpellier et Nice notamment) ou RER (Paris) ; le métro de Paris, né en 1900, forme l'un des réseaux les plus anciens et denses au monde[62].

Quant au transport aérien, il est particulièrement centralisé : les deux aéroports parisiens — Roissy-Charles-de-Gaulle et Orly — ont accueilli 101,5 millions de passagers en 2017, quand le premier aéroport régional, Nice-Côte d'Azur, en accueillait 13,3 millions[63]. Les aéroports régionaux sont en effet concurrencés par le TGV pour le trafic national, tandis que les aéroports parisiens accueillent la quasi-totalité du trafic long-courrier[b 17]. La France est également le siège de l'une des premières compagnies aériennes mondiales en nombre de passagers transportés (Air France-KLM[64]) et du premier constructeur aéronautique civil (Airbus[b 18],[N 14]) d'Europe, deuxième du monde.

D'autres modes de transport sont utilisés en France, mais ils sont plus marginaux. Le trafic fluvial assure une part négligeable du trafic voyageurs et très secondaire du trafic marchandises, principalement en raison de l'inadaptation d'une grande partie du réseau au trafic moderne[65]. Le trafic maritime est important : Calais est le deuxième port mondial pour le trafic de passagers. En ce qui concerne le fret maritime, les ports de Dunkerque, du Havre, de Nantes–Saint-Nazaire et de Bordeaux sont moins importants que leurs rivaux de la mer du Nord comme ceux de Rotterdam, d'Anvers et de Hambourg et sont désormais largement devancés par ceux d'Amsterdam et de Brême-Bremerhaven[66] ; le port de Marseille, au premier rang français par son trafic, et un des premiers terminaux d'Europe pour les croisières, est le deuxième port de la Méditerranée, derrière Algésiras (Espagne)[66].

Le mode de transport par bicyclette connaît aujourd'hui[Quand ?] un regain d'intérêt, notamment en réponse à la préoccupation environnementale des Français, grâce au développement des réseaux urbains de pistes cyclables et à la mise en place de vélos en libre-service dans plusieurs villes du pays[i 2]. Néanmoins, la qualité de ces aménagements est très inégale selon les territoires[67].

La France métropolitaine actuelle occupe la plus grande partie de l'ancienne Gaule celtique, conquise par Jules César au Ier siècle av. J.-C., mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique qui s'y installa à partir du Ve siècle. La France est un État dont l'unification est ancienne, et fut l'un des premiers pays de l'époque moderne à tenter une expérience démocratique.

Préhistoire, protohistoire et Antiquité

Lascaux cave paintings: a horse from Dordogne facing right brown on white background
Un des chevaux de Lascaux, Dordogne, environ 18.000 av. J.-C.

La présence humaine sur le territoire de la France actuelle remonte au Paléolithique inférieur ; les traces les plus anciennes de vie humaine datent d'il y a environ 1 800 000 ans[e 1]. L'homme est alors confronté à un climat rude et variable, marqué par plusieurs ères glaciaires qui modifient son cadre de vie[e 1]. La France compte un nombre important de grottes ornées du Paléolithique supérieur, dont deux des plus célèbres sont la grotte de Lascaux[e 1] (Dordogne, -18 000 environ[68]) et la grotte Chauvet (Pont d'Arc, -36 000 environ).

Vers -10 000, à la fin de la dernière ère glaciaire, le climat s'adoucit[e 1]. À partir de -7 000 environ, l'Europe occidentale entre dans le Néolithique et ses habitants se sédentarisent, même si l'évolution est différente selon les régions[e 2]. Après un fort développement démographique et agricole aux IVe et IIIe millénaires, la métallurgie fait son apparition à la fin du IIIe millénaire, d'abord avec le travail de l'or, du cuivre et du bronze, puis avec celui du fer au VIIIe siècle[e 3].

En -600, des Grecs originaires de la ville de Phocée fondent la ville de Marseille, au bord de la Méditerranée[e 4] ; à la même époque, quelques peuples celtes pénètrent dans le territoire de la France actuelle, mais cette occupation ne se généralise à la totalité de ce territoire qu'entre les Ve et IIIe siècles av. J.-C.[e 5]. La notion de Gaule, Γαλατία en grec[69], apparaît alors ; elle correspond aux territoires de peuplement celte compris entre le Rhin, les Pyrénées, l'Atlantique et la Méditerranée[e 6].

Contrairement à la vision réductrice qu'en donne César dans sa Guerre des Gaules, ce vaste espace géographique est occupé par une mosaïque de plus d'une centaine de peuples dont l'organisation est très diverse mais qui ont tous un point commun : « qu’il s’agisse de l’agriculture, de l’urbanisme, du commerce ou encore de l’art, ils partagent un savoir-faire avancé »[70].

À partir de -125, le sud des Gaules (57 peuples gaulois) est progressivement conquis par la République romaine à la suite de la victoire de Rome sur les Allobroges et les Arvernes. Rome y fonde les villes d'Aix-en-Provence, Toulouse et Narbonne[e 7]. En -58, Jules César prend prétexte d'une demande d'aide des Éduens pour se lancer à la conquête du reste de la Gaule. D'abord battu à Gergovie, il vainc à Alésia.

Les riches territoires fiscaux nouvellement conquis sont répartis par l'empereur de Rome Auguste en neuf provinces, dont quatre correspondent approximativement à l'actuel territoire métropolitain français : la Narbonnaise au sud, l'Aquitaine au sud-ouest, la Lyonnaise au centre et à l'ouest et la Belgique au nord[e 8]. De nombreuses villes sont fondées durant la période gallo-romaine, dont Lyon (Lugdunum) en -43, appelée à être la capitale de la Gaule romaine[e 9] qui connait alors la paix pendant environ deux siècles.

Au IIIe siècle, la Gaule romaine connaît une crise grave, le limes, frontière fortifiée protégeant l'Empire des incursions germaniques, étant franchi à plusieurs reprises par les Barbares[e 10]. Le pouvoir romain chancelant un Empire des Gaules est proclamé en 260 qui échappe à la tutelle romaine jusqu'en 274[e 11]. Pendant la première moitié du IVe siècle, la Gaule romaine connaît une période de renouveau et de prospérité[e 12]. Toutefois les invasions barbares reprennent à partir de la seconde moitié du IVe siècle[e 13] et le , les Vandales, Suèves et Alains franchissent le Rhin et traversent la Gaule jusqu'en Espagne[e 14]. Au milieu du Ve siècle, les Alamans et les Francs, deux peuples païens, s'installent au nord-est de la France actuelle et exercent une forte pression sur les généraux romains qui subsistent dans le nord-est de la Gaule[e 15].

Pour ce qui concerne la France d'outre-mer pendant ce temps : la Guyane est occupée par des peuples vivant de chasse et de cueillette ; Saint-Pierre-et-Miquelon reçoit des visites de paléoesquimaux[71] ; les Antilles françaises sont animées par une période précolombienne ; la Guadeloupe par des groupes amérindiens pré-céramiques[72] ; la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna reçoivent leurs premiers habitants vers -3 000, et leur première civilisation, le Lapita, se développe au premier millénaire av. J.-C. ; les autres territoires d'outre-mer semblent inoccupés durant cette période.

Naissance, crises et transformations du royaume de France au Moyen Âge

animated gif showing expansion of Franks across Europe
Expansion des Francs de 481 à 843/870.
Une représentation artistique du baptême de Clovis, dans la Sainte-Chapelle à Paris.
Le baptême de Clovis, représenté dans la Sainte-Chapelle à Paris (anonyme).
Photographie montrant le château de Montsoreau et la Loire
Le château de Montsoreau ( c.  1450) dans le Val de Loire, construit sur ordre de Charles VII, annonce la Renaissance en France.

La conversion au christianisme du chef franc Clovis, baptisé à Reims le 24 décembre 496 par l'évêque saint Rémi, fait de lui l'allié de l'Église et lui permet de conquérir l'essentiel de la Gaule au tournant des Ve et VIe siècles[e 16]. La fusion des héritages gallo-romains, des apports germaniques et du christianisme est longue et difficile, les Francs constituant originellement une société guerrière aux lois très éloignées du droit romain et des principes chrétiens[e 17]. Tandis que la faiblesse démographique que connaît le royaume des Francs entraîne un déclin des villes, le christianisme s'installe par la fondation d'églises rurales et surtout de très nombreux monastères[e 18]. Si le pouvoir de Clovis semblait originellement solide, la dynastie mérovingienne doit bientôt faire face à de graves difficultés[e 19] ; elle disparaît en 751 lorsque Pépin le Bref est sacré roi des Francs, fondant ainsi la dynastie carolingienne[e 20].

Pépin le Bref et son fils Charlemagne agrandissent considérablement le royaume des Francs, qui s'étend à la fin du VIIIe siècle sur plus d'un million de kilomètres carrés[e 21]. L'immense empire carolingien est contrôlé par une administration centralisée basée à Aix-la-Chapelle, des comtes représentant Charlemagne dans tout l'empire et surveillés par les missi dominici[e 22]. Charlemagne, couronné en 800 empereur d'Occident, relance les arts libéraux dans l'éducation et le palais d'Aix-la-Chapelle accueille une activité intellectuelle et artistique de haut niveau[e 23]. Néanmoins, après la mort de l'empereur, les comtes et les vassaux de celui-ci parviennent peu à peu à rendre leur fonction héréditaire, et les petits-fils de Charlemagne se partagent l'Empire au traité de Verdun (843) ; Charles obtient la Francie occidentale, qui correspond approximativement aux deux tiers occidentaux de la France actuelle et dont les frontières varieront peu jusqu'à la fin du Moyen Âge[e 24]. Le nouveau royaume doit toutefois affronter trois vagues d'invasions différentes aux IXe et Xe siècles, menées par les musulmans, les Vikings et les Hongrois[e 25]. À la même époque, les pouvoirs des anciens comtes continuent d'augmenter tandis que le pouvoir royal diminue[e 26] ; une société féodale se met en place, caractérisée par sa division en trois ordres : le clergé, la noblesse et le tiers état[e 27].

Jeanne d'Arc conduit l'armée française à plusieurs victoires importantes pendant la guerre de Cent Ans et ouvre la voie vers la victoire finale.

En 987, Hugues Capet est élu roi par ses pairs, c'est-à-dire les nobles du royaume[N 15] ; la monarchie redevient héréditaire[e 28] et les Capétiens règneront sur la France pendant plus de huit siècles. Néanmoins, les premiers rois capétiens ne contrôlent directement qu'une portion très faible du territoire français, appelée le domaine royal, et certains de leurs vassaux sont beaucoup plus puissants qu'eux[e 29]. Au XIIe siècle, le pouvoir royal commence à s'affirmer contre les princes du royaume, mais doit faire face à partir des années 1150 à la naissance d'un « empire Plantagenêt » regroupant dans un même ensemble l'Angleterre et le tiers ouest de la France[e 30].

Le royaume capétien atteint sa première apogée au XIIIe siècle, la monarchie reprenant le pouvoir qu'elle avait perdu[e 31] tandis que l'art et la culture française s'affirment en Europe[e 32]. Philippe Auguste (1180-1223) parvient à conquérir l'essentiel des possessions françaises des Plantagenêt, mettant temporairement fin à la menace anglaise et agrandissant considérablement le domaine royal par la même occasion[e 33]. Louis IX (1226-1270) se comporte en arbitre de la chrétienté et participe aux septième et huitième croisades, et sera rapidement canonisé par l'Église catholique[e 34].

Le XIVe siècle et la première moitié du XVe siècle voient la France plonger dans une crise grave, dont les expressions sont multiples[e 35]. La guerre de Cent Ans, menée contre l'Angleterre et née d'un problème de succession à la tête du royaume de France, ravage le pays[e 36]. Toutefois, la crise des XIVe et XVe siècles n'est pas seulement politique ou militaire ; elle est aussi démographique : à partir de 1347, la peste noire tue au moins un tiers de la population du royaume[N 16] ; sociale : les insurrections paysannes et urbaines se multiplient ; mais également économique et religieuse[e 37]. Si la monarchie est également touchée par cette crise, elle en sort renforcée : le pouvoir central, qui s'est déplacé dans la vallée de la Loire, se dote de nouvelles institutions, met en place une armée et un impôt permanents, et amorce le passage du Moyen Âge à la Renaissance[e 38],[73].

De la Renaissance à la monarchie absolue (XVIe au XVIIIe siècle)

Territoire du premier empire colonial français en Amérique, appelé la Nouvelle-France (1534-1763).
Tableau en couleur d'un homme à la chevelure longue et noire, posant debout, en tenue royale, bleue et blanche.
Louis XIV, le « Roi-Soleil », était le monarque absolu de la France et en a fait la première puissance européenne.

À partir de 1494, les souverains français mènent de multiples guerres en Italie, puis contre l'empereur Charles Quint[74]. Néanmoins, les règnes de François Ier (1515-1547) et de son fils Henri II (1547-1559) sont surtout marqués par un renforcement du pouvoir royal, qui tend à devenir absolu[75], et par une Renaissance littéraire et artistique fortement influencée par l'Italie[76].

En 1539, l'ordonnance de Villers-Cotterêts fait du français la langue administrative et judiciaire du royaume[e 39]. Toutefois, l'unité de la France autour de la personne du roi est bousculée dans la deuxième moitié du XVIe siècle par le problème religieux : entre 1562 et 1598, huit guerres de religion se succèdent entre catholiques et calvinistes[e 40]. Cette crise religieuse se double d'une crise économique et surtout politique[77]. En 1598, le roi Henri IV (1589-1610) met fin aux guerres de religion par l'édit de Nantes, qui donne une liberté de culte partielle aux protestants[e 41].

Louis XIII (1610-1643) et ses ministres Richelieu et Mazarin doivent faire face à l'opposition de nobles soucieux de reprendre leurs anciens pouvoirs[e 42]. À la même époque, la France mène plusieurs guerres victorieuses (dont la guerre de Trente Ans) et commence à former un premier empire colonial, principalement en Nouvelle-France, aux Antilles et sur la route des Indes[e 43]. Louis XIV affirme plus que jamais le caractère absolu de son pouvoir[N 17] : le « Roi-Soleil » se considère comme le « lieutenant de Dieu sur Terre[e 44] » et fait construire le château de Versailles, symbole de son pouvoir[e 45]. Il s'entoure d'artistes et de savants et travaille à l'unité religieuse de son royaume[e 46] en reprenant la persécution des protestants et en révoquant l'édit de Nantes par l'édit de Fontainebleau. Malgré la situation financière critique de la monarchie, Louis XIV mène plusieurs guerres face à une Europe coalisée contre lui[e 47] tandis que le marquis de Vauban fait construire un réseau de villes fortifiées aux frontières du royaume[e 48]. Si ces guerres aboutissent dans un premier temps à des victoires françaises, plusieurs défaites militaires et des famines ternissent la fin de son règne[e 49].

Louis XV (1715-1774), arrière-petit-fils et successeur de Louis XIV, mène lui aussi plusieurs guerres, aux résultats contrastés[e 50]. En 1763, par le traité de Paris qui met fin à la guerre de Sept Ans, la France abandonne ses possessions en Amérique du Nord, mais acquiert dans la même décennie la Lorraine et la Corse[e 51]. Pendant ce temps, la France connaît une forte vitalité démographique et économique. La croissance de la production agricole s'accompagne d'une proto-industrialisation, notamment dans le secteur textile, ainsi que d'un essor dans les domaines intellectuel et culturel[e 52]. Toutefois, Louis XVI, qui accède au trône en 1774, se révèle incapable de trouver une solution au surendettement de la monarchie et doit convoquer les états généraux en 1789[e 53].

Révolutions, républiques et empires (1789-1914)

La prise de la Bastille, le , est l'un des premiers faits marquants de la Révolution française.
La partie européenne du territoire de la Première République découpé en départements.

Les délégués envoyés aux États généraux qui s'ouvrent le outrepassent rapidement les pouvoirs qui leur sont attribués et s'érigent en une Assemblée nationale constituante[e 54]. Le roi ne peut alors empêcher l'assemblée constituante de décider l'abolition des privilèges dans la nuit du 4 août puis d'adopter le 26 août la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen[e 55]. La devise Liberté, Égalité, Fraternité apparaît dans le débat public, en particulier en 1790 dans un discours de Maximilien Robespierre sur l'organisation de la Garde nationale[78]. Après un essai de monarchie constitutionnelle, la République naît le , et Louis XVI, condamné pour trahison, est guillotiné par jugement de la Convention nationale le 21 janvier 1793[e 56]. La France révolutionnaire connaît alors plusieurs années de guerres et d'exécutions jusqu'à l'instauration du Directoire en 1795[e 57]. C'est le 27 pluviôse an II (), que le drapeau tricolore est instauré par la Convention nationale, par décret indiquant que « le pavillon et le drapeau national seront formés des trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales de manière que le bleu soit attaché à la garde du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant »[79].

Napoléon Ier, empereur des Français, a construit avec sa Grande Armée un vaste empire à travers l'Europe. Il a aidé à répandre les idéaux révolutionnaires français, et ses réformes juridiques ont eu une influence majeure dans le monde entier.

Le , le général Napoléon Bonaparte renverse le Directoire par un coup d'État et lui substitue le Consulat ; cinq ans plus tard, il est couronné Empereur des Français[e 58]. Napoléon Ier crée ou réforme de nombreuses institutions[N 18], et ses multiples victoires militaires mettent la moitié de la population européenne sous son contrôle au début des années 1810[e 59]. Le déclin sera néanmoins rapide : après une éphémère abdication puis un bref retour au pouvoir, l'Empereur est définitivement vaincu à Waterloo le [e 60].

La France entame alors une seconde expérience de monarchie constitutionnelle, pendant laquelle les rois Louis XVIII (1814-1824) et surtout Charles X (1824-1830) remettent en question une partie des acquis de la Révolution[e 61]. Quelques semaines après avoir conquis Alger, Charles X est renversé en 1830 par les Trois Glorieuses, un mouvement révolutionnaire qui porte sur le trône Louis-Philippe[e 62]. Si ce dernier est alors considéré comme réformateur, la contestation monte bientôt, malgré l'essor économique que connaît la France à cette époque[e 63].

En , une nouvelle révolution éclate, dont les objectifs ne sont plus seulement politiques mais aussi sociaux[e 64]. L'éphémère Seconde République qui est alors mise en place instaure le suffrage universel masculin et abolit l'esclavage dans les colonies ainsi que la peine de mort pour raison politique[e 65]. Toutefois, elle est renversée par son président Louis-Napoléon Bonaparte, qui est couronné empereur en 1852[e 66].

Territoire du second empire colonial français (de 1815 à 1958, date du début des indépendances).

Si les premières années du Second Empire sont celles d'un régime autoritaire, Napoléon III entame un tournant libéral en 1860, qui n'empêche pas une montée des oppositions politiques, tandis que le développement industriel et ferroviaire s'accélère[e 67]. La défaite de la France face à une Allemagne en cours d'unification, en 1870 et 1871, est un double tournant dans l'histoire du pays : l'empereur capitule le et la République est proclamée le , tandis que la Prusse annexe l'Alsace-Lorraine[e 68]. La défaite française suscite en outre l'épisode dramatique de la Commune de Paris, écrasée en mai 1871 par les troupes gouvernementales.

Malgré sa naissance chaotique, la Troisième République est le plus long des régimes politiques qu'a connu la France depuis 1789[e 69]. Les républicains mettent peu à peu en place leur projet politique : l'école est rendue gratuite, laïque et obligatoire en 1881-1882, les libertés de presse et de réunion sont accordées en 1881, le divorce et les syndicats sont autorisés en 1884, et les Églises sont séparées de l'État en 1905[e 70]. À la même époque, la France se dote d'un vaste empire colonial, qui sera le deuxième au monde après celui du Royaume-Uni en 1914[e 71] : aux possessions en Inde et à l'Algérie viennent s'ajouter au fil des années l'Indochine, les protectorats de Tunisie et du Maroc, l'Afrique équatoriale et occidentale et Madagascar. Si plusieurs crises politiques se succèdent — crise boulangiste, scandale des décorations, scandale de Panama, affaire Dreyfus —, la menace principale pour la République vient désormais de l'extérieur, où la guerre apparaît de plus en plus imminente[e 72].

La France dans les deux guerres mondiales (1914-1945)

Une carte représentant la division du territoire français, durant la Seconde Guerre mondiale, entre une zone libre correspondant à un large tiers sud-est du pays et une zone occupée correspondant au nord du pays et au littoral atlantique.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le territoire continental ou la France métropolitaine était divisé entre une « zone occupée » au nord et à l'ouest et une « zone libre » au sud, auxquelles s'ajoutaient d'autres zones de taille plus restreinte au statut spécial.
Autochrome of the 114 Infantery regiment in París, on 14 July 1917, with French flag unfurled laying on stacked arms
Les poilus français ont subi le plus grand nombre de pertes parmi les Alliés lors de la Première Guerre mondiale.

Par le jeu des alliances, la France entre en guerre au début du mois d'août 1914 contre l'Allemagne, aux côtés du Royaume-Uni et de l'Empire russe[e 73]. La Première Guerre mondiale, qui fait 1,4 million de victimes françaises et entraîne de nombreuses destructions dans le nord-est du pays, se conclut le 11 novembre 1918 en faveur de la Triple-Entente[e 74]. Outre le retour de l'Alsace-Lorraine, la France recevra une partie des réparations allemandes prévues par le traité de Versailles tout en obtenant des garanties de sécurité. Néanmoins, celles-ci ne suffisent pas à éviter en 1940 une nouvelle invasion par l'Allemagne à la suite de la reconstruction de l'armée allemande et de la remilitarisation de la rive gauche du Rhin.

Georges Clemenceau est célèbre tant pour sa politique intérieure (notamment la création des Brigades du Tigre) que pour son rôle dans la Première Guerre mondiale. Il fait preuve d'une grande détermination : « Ma politique étrangère et ma politique intérieure, c'est tout un. Politique intérieure ? Je fais la guerre. Politique étrangère ? Je fais la guerre. Je fais toujours la guerre. La Russie nous trahit ? Je continue à faire la guerre. La malheureuse Roumanie est obligée de capituler ? Je continue à faire la guerre, et je continuerai jusqu'au dernier quart d'heure, car c'est nous qui aurons le dernier quart d'heure ! » Une fois l'Allemagne vaincue, il est surnommé « Père la Victoire ». Guillaume II dira dans ses mémoires : « ce ne sont pas les Alliés qui nous ont battus, mais c'est le petit vieillard de Clemenceau ! »

Après quelques années de reconstruction laborieuse, marquée par un effort d'immigration et de productivité pour pallier la pénurie de main-d'œuvre dans les mines, l'acier ou l'automobile, la France peine à retrouver sa vigueur économique d'avant-guerre[e 75] avant de vivre une forte croissance à partir de 1924. Elle sera touchée bien après la plupart des autres puissances par la crise des années 1930[80]. Toutefois, si cette crise est tardive, elle est durable et profonde. Aux difficultés économiques s'ajoute une crise politique, malgré l'espoir suscité par l'arrivée au pouvoir en 1936 du Front populaire[81]. Finalement, lorsque la France déclare le 3 septembre 1939 la guerre à l'Allemagne nazie, elle sort tout juste de la plus grave crise qu'ait connue la Troisième République[e 76].

Après huit mois sans combats (la « drôle de guerre »), la Wehrmacht envahit le le nord-est de la France et le maréchal Philippe Pétain demande l'armistice le 22 juin[e 77]. Ce dernier obtient les pleins pouvoirs le , signant ainsi la fin de la Troisième République et la naissance du régime de Vichy. Celui-ci mène une politique conservatrice, traditionaliste et antisémite, et collabore avec le Troisième Reich. Toutefois, la résistance s'organise à l'intérieur et à l'extérieur du pays[e 78]. Le débarquement allié du en Normandie sonne la fin de l'occupation nazie et le début de la libération de l'Europe[e 79]. Au total, ce conflit aura tué moins de militaires français que le précédent[N 19] mais les victimes civiles sont nombreuses — au moins 330 000 victimes civiles, dont 75 000 Juifs installés sur le territoire français qui ont été tués lors de la Shoah[82],[N 20] — et les blessures psychologiques et politiques dues à la débâcle de 1940, à la collaboration puis aux règlements de compte lors de l'épuration sont longues à cicatriser[e 79].

La Libération, gaullisme et crise politique (1945-1968)

Carte animée de la croissance et du déclin de l' empire colonial français.
Charles de Gaulle seated in uniform looking left with folded arms
Charles de Gaulle a pris une part active à de nombreux événements majeurs du XXe siècle : combattant lors de la Première Guerre mondiale, chef des Français libres pendant la Seconde Guerre mondiale puis chef du Gouvernement provisoire, premier président de la Ve République, il a facilité la décolonisation, a maintenu la France parmi les puissances majeures et a surmonté la révolte de Mai 68.

Une période de renouveau commence alors pour la France[e 80]. Si le général de Gaulle, chef de la France libre, ne peut empêcher l'adoption d'une constitution proche de celle de la Troisième République, l'après-guerre voit la création de la Sécurité sociale et le droit de vote accordé aux femmes[e 81]. La France de la Quatrième République choisit le camp occidental dans la guerre froide qui s'ouvre à cette époque, entame avec difficultés (guerres d'Indochine puis d'Algérie) la décolonisation de l'Asie et de l'Afrique et participe aux débuts de la construction européenne[e 82]. Le pays entame dans le même temps une période de modernisation et de forte croissance économique que l'économiste Jean Fourastié appellera « Trente Glorieuses[e 83],[83] ».

Le , lors d'une grave crise politique liée à la guerre d'Algérie, le général de Gaulle est investi président du Conseil par l'Assemblée nationale avec pour mission de donner à la République une nouvelle constitution : la Cinquième République donne au président des pouvoirs plus larges face au Parlement[e 84]. Charles De Gaulle poursuit et achève la décolonisation de l'Afrique et affirme l'indépendance de la France face aux États-Unis[e 85]. À cette fin, il dote la France du nucléaire civil et militaire, et d'un programme spatial qui fera de la France la troisième puissance spatiale de l'histoire. Mais la crise étudiante et sociale de mai 1968 révèle une fracture entre des aspirations de la jeunesse (notamment estudiantine) face à un pouvoir dépeint comme trop conservateur. Cependant, le général de Gaulle reprend en main la situation en provoquant la dissolution de l'Assemblée nationale le après laquelle les Français lui donnent une large majorité présidentielle[84]. Il démissionne en 1969 à la suite de l'échec du référendum sur la réforme du Sénat et de la régionalisation[85]. Toutefois le gaullisme se maintient au pouvoir cinq ans de plus, sous la figure du président de la République Georges Pompidou[e 86].

De Mai 68 à 2020

En 1974, s'ouvre une période post-gaulliste avec l'élection d'un président issu du centre-droit : Valéry Giscard d'Estaing[e 87]. Alors que la France entre peu à peu dans la crise des années 1970, les premières années de son mandat sont marquées par plusieurs lois actant les mutations de la société française, comme la loi Veil qui légalise l'interruption volontaire de grossesse (IVG) ou l'abaissement de 21 à 18 ans de l'âge de la majorité civile[e 88]. Un autre tournant a lieu en 1981, lorsqu'un président socialiste, François Mitterrand, est élu[e 89]. Face à la situation économique qui s'aggrave, celui-ci tente dans un premier temps une politique de relance[e 90], tout en adoptant des mesures symboliquement fortes comme l'abolition de la peine de mort[86]. Si François Mitterrand est réélu en 1988, la France connaît entre 1986 et 1988 puis entre 1993 et 1995 deux périodes de « cohabitation », situation jusque-là inédite où le président n'appartient pas au même parti que son gouvernement et qui offre une lecture nouvelle des institutions[e 91]. Cette situation se reproduit entre 1997 et 2002, mais de façon inversée, alors qu'un président de droite, Jacques Chirac, est élu en 1995, et que les élections législatives de 1997 amènent le socialiste Lionel Jospin à la tête du Gouvernement[e 92].

La France met l' euro en circulation le et met fin à l'usage du franc français le .

En 2002, la France abandonne sa monnaie nationale pour adopter la monnaie unique européenne[87]. L'élection présidentielle de 2002 est marquée par l'élimination de Lionel Jospin dès le premier tour au profit de Jean-Marie Le Pen, candidat de l'extrême droite[88]. Une grande partie des électeurs se reportent alors sur Jacques Chirac qui est réélu[88]. Les gouvernements Raffarin puis Villepin se soulignent par l'opposition de la France à la guerre d'Irak[89]. En 2005, une majorité de citoyens vote « non » lors du référendum sur la ratification du traité établissant une constitution pour l'Europe[90]. Si Nicolas Sarkozy, président à partir de 2007, dirigeait le parti de son prédécesseur au moment de son élection et était membre de son gouvernement, la politique qu'il mène se veut de « rupture[91] ». Le gouvernement « d'ouverture » que François Fillon forme avec des personnalités issues non seulement de la droite, mais aussi du centre et de la gauche[91], doit cependant faire face à la crise économique venue en 2008-2009 des États-Unis[92].

En 2012, le socialiste François Hollande est élu président, après être devenu candidat de son parti à l'issue des premières primaires ouvertes de l'histoire de la République. Avec une majorité socialiste dans les deux chambres du Parlement pour la première fois sous la Ve République, il conduit une politique marquée par une hausse de la fiscalité puis par un virage social-libéral et par l'ouverture du mariage civil aux couples de même sexe. L'élection présidentielle de 2017 suit la tenue de primaires ouvertes dans les deux camps politiques pourvoyeurs jusque-là des présidents de la Ve République, mais voit l'élimination de leurs candidats dès le premier tour. Emmanuel Macron, ancien secrétaire général adjoint du cabinet du président Hollande puis ministre de l'Économie, fonde son propre mouvement et remporte les deux tiers des suffrages du second tour de l'élection face à la candidate du Front national, Marine Le Pen. Élu à 39 ans, il est le plus jeune président français de l'histoire[93] et le second plus jeune chef d'État français depuis la désignation en 1799 de Napoléon Bonaparte comme Premier consul (à 30 ans).

Depuis 1945, la France a été touchée par plusieurs vagues d'attentats terroristes, en particulier par le terrorisme islamiste depuis 1995, qui mène la même année à la création du plan Vigipirate. Après une série d'attentats particulièrement meurtriers en 2015, le président François Hollande décrète l'état d'urgence, qui est prolongé jusqu'en novembre 2017[94].

En 2020, la pandémie de Covid-19 provoque une crise sanitaire majeure et une importante récession économique[95] ; le président Emmanuel Macron décrète l'état d'urgence sanitaire, qui impose notamment un confinement généralisé de la population[96], et fait adopter des mesures budgétaires massives pour soutenir l'économie[97].

La France est une démocratie libérale, dont le gouvernement a la forme d'une république. Les fondements de l'organisation politique et administrative actuelle de la France ont été fixés en 1958 par la Constitution de la Cinquième République. Selon l'article premier de la Constitution, « la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Depuis 2003, ce même article affirme en outre que « son organisation est décentralisée ».

Organisation des pouvoirs

Gérard Larcher (gauche) est le président du Sénat depuis le , et Richard Ferrand (droite) est le président de l' Assemblée nationale depuis le 12 septembre 2018.
L'actuel président de la République est Emmanuel Macron (gauche). Élu le , il a pris ses fonctions le . Il a nommé l'actuel Premier ministre, Jean Castex (droite), le .

L'organisation des pouvoirs en France est définie par la Constitution de 1958, amendée à plusieurs reprises[k 1] ; le rôle de chaque institution est cependant défini tant par la pratique observée depuis 1958 que par le texte de la Constitution[k 1]. La France possède un régime politique original par le large pouvoir dont disposent à la fois le Parlement et le président de la République, ce qui a amené les constitutionnalistes à parler de « régime parlementaire présidentialisé », de « régime semi-présidentiel » ou encore de « régime parlementaire bireprésentatif[N 21] ».

Le pouvoir législatif appartient au Parlement français, formé de deux chambres, l'Assemblée nationale et le Sénat[k 2]. L'Assemblée nationale, chambre basse du Parlement, est formée de 577 députés[98], élus pour cinq ans au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à deux tours dans des circonscriptions découpées au sein des départements[k 3]. Le Sénat, la chambre haute, est formé de 348 sénateurs[99] élus pour six ans par 150 000 grands électeurs (principalement des élus locaux)[100] et est de ce fait considérée comme moins représentative que l'Assemblée nationale[k 4]. L'Assemblée nationale est plus puissante que le Sénat en cas de désaccord prolongé sur l'adoption d'une loi avec ce dernier[k 5].

Le pouvoir exécutif appartient en premier lieu au président de la République[k 6], élu pour cinq ans[101] au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à deux tours[k 7]. Le président de la République est le chef de l'État et le chef des armées, il promulgue les lois et peut dissoudre l'Assemblée nationale[k 8]. Il nomme le Premier ministre, et, sur proposition de celui-ci, les membres du Gouvernement[k 9]. Le Gouvernement peut être renversé par une motion de censure adoptée par l'Assemblée nationale[k 5]. Lorsque la majorité parlementaire et le président n'appartiennent pas au même parti politique, on parle alors de cohabitation[k 2].

Le pouvoir judiciaire, quant à lui, est séparé des deux autres, bien que le président de la République dispose d'un droit de grâce[102]. Il est lui-même subdivisé entre un ordre administratif, dont la plus haute juridiction est le Conseil d'État, et un ordre judiciaire, dont la plus haute juridiction est la Cour de cassation[k 10]. Le droit français, de tradition romano-civiliste[103], dispose que tout accusé, avant d'être condamné, est présumé innocent, et qu'une affaire peut être rejugée en appel sur demande d'une des parties[N 22],[104].

La conformité des lois à la Constitution, la régularité des scrutins et, plus largement, le respect des institutions sont contrôlés par le Conseil constitutionnel[k 11].

Gouvernement

La liste des membres du gouvernement de Jean Castex est la suivante [105] :

Fonction Titulaire
Premier ministre Jean Castex
Garde des Sceaux, ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti
Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian
Ministre des Armées Florence Parly
Ministre de l'Écologie Barbara Pompili
Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran
Ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire
Ministre du Travail Elisabeth Borne
Ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse Jean-Michel Blanquer
Ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin
Ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation Frédérique Vidal
Ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales Jacqueline Gourault
Ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu
Ministre de la Culture Roselyne Bachelot
Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation Julien Denormandie
Ministre des Sports Roxana Maracineanu
Ministre de la Mer Annick Girardin
Ministre de la Transformation de la Fonction Publique Amélie de Montchalin
Ministre des Relations avec le parlement et de la Participation Citoyenne Marc Fénau
Ministre-délégué du Logement Emmanuelle Wargon
Ministre-délégué des Transports Jean-Baptiste Djebarri
Ministre-délégué de la Ville Nadia Hai
Ministre-délégué du Commerce extérieur et de l'Attractivité Frank Riester
Ministre-délégué à l'Égalité hommes-femmes et à l'Égalité des chances Elisabeth Moreno
Ministre-délégué de la Citoyenneté Marlène Schiappa
Secrétaire d'État, Porte-parole du gouvernement Gabriel Attal

Découpage territorial et décentralisation

Carte des 18 régions françaises, à compter du .

On distingue d'une part la France métropolitaine et les régions d'outre-mer, qui sont administrées dans le cadre des règles générales, et d'autre part la Nouvelle-Calédonie, les collectivités d'outre-mer et les territoires d'outre-mer, qui disposent de statuts différents. La France métropolitaine et les régions d'outre-mer sont divisées en de multiples collectivités territoriales réparties sur trois niveaux : la commune, le département et la région. Il existe également des collectivités territoriales à statut particulier telles que les collectivités territoriales uniques qui englobent les compétences du département et de la région ou encore la collectivité européenne d'Alsace. Ces collectivités territoriales sont en même temps des circonscriptions administratives dans lesquelles l'État intervient au travers de ses services déconcentrés. Les communes, au nombre de 35 416 en métropole au [106], correspondent généralement au territoire d'une ville ou d'un village ; elles sont dirigées par un conseil municipal[k 12], qui élit un maire, à la fois agent de la collectivité territoriale et représentant de l'État dans la commune[k 13]. Depuis les années 1990, la coopération entre les communes a été renforcée par l'émergence d'établissements publics de coopération intercommunale, dont le rôle s'accroît[k 14]. Les départements, créés pendant la Révolution française[k 15], sont aujourd'hui[Quand ?] au nombre de 99 dont 5 en Outre-mer. Ils sont dirigés par un conseil départemental dont les membres sont élus au sein des cantons[k 16] et l'État y est représenté par un préfet[k 17]. Quant aux 18 régions françaises, dont l'existence est plus récente[k 17], elles sont dirigées par un conseil régional[k 18] et l'État y est représenté par un préfet de région[k 12]. À ces collectivités territoriales s'ajoutent d'autres divisions territoriales, telles que le canton, l'arrondissement ou plus récemment le pays mais elles ne possèdent pas de dirigeants élus[N 23].

Comparée à ses voisins européens, la France a longtemps été marquée par une forte centralisation politique, les collectivités territoriales disposant de pouvoirs relativement faibles[k 15]. Néanmoins, cette situation a beaucoup évolué depuis le début des années 1980, d'abord en 1982 et 1983 avec les lois Defferre (appelées a posteriori l'acte I de la décentralisation), puis entre 2002 et 2004 sous le gouvernement Raffarin (acte II)[107]. En 2010, les compétences des collectivités territoriales sont nombreuses, et concernent notamment les établissements scolaires, les transports, le développement économique et l'action sociale[108]. Néanmoins, la superposition de multiples échelons et la limite souvent floue entre les compétences des différentes collectivités territoriales est la source de débats sur l'avenir de la décentralisation sur lequel le gouvernement Fillon s'est penché entre 2008 et 2010[109]. Le gouvernement Valls poursuit ce processus, appelé l'acte III de la décentralisation en proposant un nouveau découpage en 18 régions, effectif à partir du et des élections régionales de décembre 2015[110].

France d'outre-mer

Une carte de la France d’outre-mer, montrant que la France est présente dans tous les océans.
France métropolitaine et d'outre-mer (bleu).

Les territoires français situés en dehors de l'Europe géographique, qui correspondent à d'anciennes colonies restées françaises, sont quant à eux soumis à des régimes administratifs et juridiques très différents les uns des autres[111]. Ces territoires, dont la situation économique est globalement moins bonne que celle de la métropole, bénéficient de nombreuses aides de l'État[112].

La Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion et, depuis 2011, Mayotte[N 24] sont des départements et régions d'outre-mer. Ces cinq territoires se distinguent du reste de la France d'outre-mer par leur statut en tout point similaire à celui des régions métropolitaines, bien que les lois françaises puissent prévoir des dispositions spécifiques les concernant[113]. Ces régions ultramarines font partie des régions ultrapériphériques de l'Union européenne, et sont soumises à la législation européenne[114], qui s'y applique de plein droit.

En revanche, les autres territoires français d'outre-mer, à l'exception des collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, ne font pas partie de l'Union européenne, bien que leurs habitants disposent de la citoyenneté européenne[115]. Il s'agit tout d'abord des cinq collectivités d'outre-mer, aux statuts très variés : la Polynésie française, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon et Wallis-et-Futuna[116]. Bien que l'État y conserve certaines prérogatives exclusives, elles sont soumises en grande partie à une législation spécifique et bénéficient de la spécialité législative[111]. La Nouvelle-Calédonie, de son côté, est une collectivité territoriale sui generis, à l'autonomie très poussée, et où un référendum sur l'indépendance doit être organisé entre 2014 et 2018[117]. Enfin, les Terres australes et antarctiques françaises et l'île de Clipperton, qui n'accueillent aucun habitant permanent, sont gérées directement par l'État ou son représentant[117],[118].

Tendances politiques, partis et élections

Évolution du paysage politique français de 1958 à nos jours. Extrême-droite (en bleu foncé) ; droite (en bleu) ; centre-droit (en bleu-clair) ; centre et centre-gauche (en jaune) ; écologistes (en vert) ; gauche (en rose) ; extrême-gauche à gauche radicale (en rouge).

France
577 députés
(1er tour)
(2d tour)
Assemblée nationale élue
Par groupes
Diagramme

Le système politique français, et notamment le suffrage uninominal majoritaire qui prévaut lors des élections présidentielles et législatives, tend à une bipolarisation ou à une tripolarisation de la vie politique[n 3]. Par conséquent, on observe depuis les débuts de la Cinquième République une tendance au regroupement des partis avec de fréquents retours en arrière[k 19]. Cependant, l'audience des principaux partis tend à diminuer au profit des petites formations[N 25]. Le paysage politique français connaît trois évolutions majeures depuis les années 1980 : la chute de l'audience du Parti communiste français[n 4], la baisse progressive de l'électorat centriste et la hausse du vote pour des partis d'extrême droite[n 3]. Par ailleurs, l'abstention concerne un nombre de plus en plus élevé d'électeurs[119].

Depuis les années 1990, les deux principaux partis français sont Les Républicains (LR) — Rassemblement pour la République (RPR) avant 2002, puis Union pour un mouvement populaire (UMP) de 2002 à 2015 — et le Parti socialiste (PS)[120]. Le mouvement Les Républicains est un parti de droite et de centre-droit[121], membre du Parti populaire européen. Le Parti socialiste est un parti de gauche et de centre-gauche[121], membre du Parti socialiste européen. En 2012, le président de la République, le Premier ministre, la plupart des ministres, des députés, des sénateurs et des présidents de conseils régionaux ou généraux en sont membres. De nombreux autres partis participent à la vie politique de la France : les plus importants sont le Front national (FN, extrême-droite nationaliste[122], populiste[123],[124], souverainiste et opposé à l'immigration[125]), l'Union des démocrates et indépendants (UDI, centre et centre-droit), le Mouvement démocrate (MoDem, centre), le Mouvement radical, social et libéral (centre-gauche à centre-droit), Europe Écologie Les Verts (écologistes)[N 26],[n 5], le Parti communiste français (PCF, gauche communiste) et La France insoumise (gauche radicale et écosocialiste).

Les élections présidentielle puis législatives de 2017 ont toutefois abouti à une recomposition de l'offre politique française, marquée par une élimination dès le premier tour des candidats des deux partis ayant occupé la présidence de la République auparavant, et l'élection d'un jeune candidat entré en politique active sous la présidence de François Hollande sans être membre actif du PS, Emmanuel Macron[126]. Le mouvement créé par ce dernier sur une ligne centriste, europhile et sociale-libérale, et réunissant des personnalités du centre-gauche, du centre, du centre-droit et de la société civile, La République en marche, obtient ensuite la majorité à l'Assemblée nationale. Cette formation reste toutefois encore peu représentée au Sénat et dans les assemblées des collectivités locales.

Des mouvements indépendantistes, nationalistes périphériques ou régionalistes existent dans plusieurs territoires métropolitains ou ultramarins, mais peu d'entre eux ont acquis une importance effective (par le biais d'une représentation parlementaire ou la participation aux exécutifs locaux), par exemple : l'Union démocratique bretonne (UDB, gauche à centre-gauche socialiste et social-démocrate, régionaliste et autonomiste) et Pour la Bretagne ! (gauche écolog