Goéry Delacôte

Goéry Delacôte, né le [1][source insuffisante] à Anould (Vosges) est un physicien, didacticien et vulgarisateur français, membre de l'Académie des technologies.

Il est le fils de Guy Delacôte, polytechnicien devenu ingénieur général des mines et directeur général des Mines de potasse d'Alsace, et d'une mère artiste peintre[2].

Élève de l'École normale supérieure (promotion 1958) dans le laboratoire de Pierre Aigrain, il refuse en 1961 de se présenter à l'agrégation, pourtant statutairement obligatoire dans le cursus de l'École, pour se consacrer à l'enseignement supérieur et à la recherche. De 1962 à 1969, il travaille à l'Université d'Alger dans le cadre de la coopération tout en passant une thèse d'état en physique de la matière condensée à l'Université de Paris[3].

En 1979, il est chargé avec Maurice Lévy de la conception du musée scientifique de la Cité des sciences et de l'industrie de La Villette. Il visite les sites équivalents aux États-Unis, et se lie avec Frank Oppenheimer[4], directeur de l'« Exploratorium » de San Francisco. De 1980 à 1982, il dirige le département "Conception des expositions" de la "Mission du Musée" et imprime de fortes orientations au projet : interactivité, approche thématique plus que disciplinaire, présence des sciences humaines.

De 1982 à 1991, il est directeur scientifique chargé de l'information scientifique et technique (IST) au CNRS ; il est en particulier responsable du projet et de la création de l'Institut de l'information scientifique et technique (INIST) de Nancy.

En 1991, il accepte de succéder à Frank Oppenheimer à la direction de l'Exploratorium. « Ma réponse a d’abord été non. Je leur dis : « Ne recrutez surtout pas un Français pour ce poste ! ». Je ne connaissais rien au « Fund Raising » ni à la direction d’un établissement comme l’Exploratorium. Puis finalement, ils se sont dit qu’un Martien ferait le mieux l’affaire et j’ai accepté »[5]. Sous son impulsion, ce musée des sciences et technologies a multiplié par 4 son chiffre d'affaires, dépassant de loin le budget de la Villette. Durant son séjour aux USA, il fait partie de nombreux groupes de travail dont celui chargé de la réforme de l’enseignement mathématique et scientifique (« Committee on Nationwide Education Support Systems for Teachers and Schools »)[6]. En 1996, il publie Savoir apprendre, livre dans lequel il donne ses idées pour une réforme de l'enseignement en France et aux USA[7], et propose la création en France d'un « Exploradôme »[8].

De 2005 à 2012, il travaille au Royaume-Uni, où il prend la direction d'un autre centre d'accès au public à la culture scientifique : le At-Bristol (en), dont la devise est « Bringing science to life! » (Amener la science à la vie !).

Membre des conseils d'administration des Alliances françaises de San Francisco (depuis 1999), et de Paris (depuis 2000), il est élu le président de l’Alliance française Paris Île-de-France[9].

Dans l'interview qu'il a donné en 2001 au site europusa.com, Goéry Delacôte se déclare à la fois « fondamentalement français » et « citoyen du monde ». Il revendique les cultures « américaine, algérienne, française », — « des mondes qui peuvent se parler mais qui n’arrivent pas à se comprendre » - tout en précisant « En tant que Français, je profite du génie de mon pays (historique, culturel, amical…etc.) ». Quatre ans plus tard, il est parti vers un nouveau pays.

  • Savoir Apprendre, Ed. Odile Jacob, 1996 (ISBN 978-2-7381-0360-4)
  • Putting Science in the Hands of the Public,
  • Apoptosis: the way for science centres to thrive, 2003
  • (avec Christelle Morelle), Pour une économie du bien commun, Belin, 2012 (ISBN 978-2-7465-0598-8)
  • Enseigner et apprendre les sciences (contribution), 2005

Goéry Delacôte est officier de la Légion d'honneur et chevalier de l’ordre national du Mérite.

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