Langues amérindiennes

Langues autochtones des Amériques

Les langues amérindiennes, aussi appelées langues autochtones des Amériques, sont les langues des premiers peuples du continent américain (y compris les îles du plateau continental), développées depuis les débuts de l'établissement humain jusqu'à l'arrivée des Européens, des Africains et des Asiatiques. Elles sont parlées par les Autochtones depuis l'Alaska et le Groenland jusqu'à la Terre de Feu. L'étude de ces langues est appelée américanisme, et les linguistes spécialisés américanistes[1].

Le continent américain abrite plusieurs centaines de langues autochtones (800 selon francisco Lizcano[2]), regroupées en grandes familles de langues de taille très variable, comme les langues algiques (dont l’algonquin), uto-aztèques (dont le nahuatl)… principalement en Amérique du Nord, les langues mayas (dont le quiché), oto-mangues (dont le mixtèque de Coatzospan)… principalement en Amérique Centrale et au Mexique, les langues arawakiennes (dont le wayuu), tupi (dont le guarani), quechuas (dont le quéchua cuzquénien)… principalement en Amérique du Sud, ainsi que des langues isolées[3]. La classification de Voegelin et Voegelin[4] (1965) est la dernière représentation des relations linguistiques sur le continent américain ayant rencontré l'approbation générale. Les langues dites amérindiennes sont comprises dans les langues autochtones des Amériques, qui comptent également les langues inuites-yupik-unangax [5].

Plusieurs de ces langues sont menacées de disparition et beaucoup d'autres sont déjà éteintes. Des dizaines de milliers d’années de culture et d’identité sont ainsi définitivement perdues[6]. D'après les autochtones, la disparition de leurs langues est liée à la perte de territoire et leur interdit d'atteindre un épanouissement culturel suffisant[7]. Aujourd’hui, des efforts sont accomplis pour permettre la préservation de ces langues qui bénéficient d’un statut officiel dans les pays ou les régions où elles sont parlées, ainsi que d’une présence croissante dans la production écrite et les systèmes éducatifs[8].

Voir aussi: Premier peuplement de l'Amérique

Avant l'arrivée des Européens dans le Nouveau Monde, les langues des peuples autochtones étaient parlées[9] depuis ce qui est aujourd'hui le Canada jusqu'à la pointe sud de l'Amérique du Sud par les ancêtres des peuples originaires[10],[11].

Plusieurs langues indigènes ont développé leur propre écriture, comme les langues mayas[12] ou le nahuatl. Beaucoup adoptèrent plus tard l'alphabet latin ou conçurent une écriture plus adaptée à leurs particularismes.

À la suite de l'arrivée de Christophe Colomb en 1492, l'espagnol, l'anglais, le portugais, le français et le néerlandais furent apportés par les colons européens et constituent actuellement les langues officielles des états indépendants d'Amérique, bien que la Bolivie, l'Équateur, le Paraguay et le Pérou possèdent une ou plusieurs langues amérindiennes officielles en plus de l'espagnol. Plusieurs créoles se sont également développés.

Les langues autochtones ne comptent aujourd’hui que quelque 30 millions de locuteurs. Le quechua, l'aymara, le guarani et le nahuatl, qui ont un statut officiel en Bolivie, au Pérou, au Paraguay et au Mexique respectivement, en possèdent plusieurs millions. La langue mapuche compte quelques centaines de milliers de locuteurs du sud du Chili et de l'Argentine. D'autres ne comptent plus que quelques locuteurs âgés. Pour ces peuples la perte progressive de leur langue impacte directement leurs droits fondamentaux et implique aussi de nombreuses difficultés rencontrées tant en termes de politique que de justice, de santé, d'éducation, d'isolement culturel[13] ou encore d'environnement[14].

Les langues autochtones, quoique très diverses, peuvent selon les théories encore contestées de certains linguistes (Greenberg, Ruhlen) être regroupées en trois grandes familles :

  • les langues eskimo-aléoutes parlées à l'extrême nord du continent en Alaska, au Canada et au Groenland ;
  • les langues na-dené parlées dans l'ouest canadien, en Alaska et dans les territoires sud-ouest des États-Unis avec notamment la présence des tribus apaches et navajos.
  • les langues amérindes qui regrouperaient toutes les autres langues amérindiennes. L'un des points communs majeurs des langues amérindes serait un pronom de la première personne en « n- » et un pronom de la seconde personne en « m- ». Toutefois l'algonquin présente un pronom de première personne "n-" et un pronom de seconde personne "k-".

Pour les familles de langues, le nombre entre parenthèses correspond au nombre de langues dans cette famille.

Groenland, Canada et États-Unis

Amérique centrale

  1. langues algiques (Amérique du Nord et Amérique centrale) (29)
  2. langues chibchanes (Amérique centrale et Amérique du Sud) (22)
  3. langues jicaques
  4. langues lencas
  5. langues mayas (31)
  6. langues misumalpanes
  7. langues mixe-zoque (19)
  8. langues oto-mangues (27)
  9. langues tequistlatèques (3)
  10. langues totonaques (2)
  11. langues uto-aztèques (Amérique du Nord et Amérique centrale) (31)
  12. Langues yumanes (Amérique du Nord et Amérique centrale) (11)
  1. alagüilac (Guatemala)
  2. coahuilteco (États-Unis : Texas - Nord-Est du Mexique)
  3. cotoname (États-Unis : Texas - Nord-Est du Mexique)
  4. cuitlatèque (Mexique: Guerrero)
  5. guaicura
  6. huave (Mexique: Oaxaca)
  7. huchití
  8. huetar (Costa Rica)
  9. maratino (Nord-Est du Mexique)
  10. naolan (Mexique: Tamaulipas)
  11. pericú
  12. quinigua (Nord-Est du Mexique)
  13. seri ou Cmiique Itom (Mexique: Sonora)
  14. solano (États-Unis : Texas - Nord-Est du Mexique)
  15. tarasque ou purepecha (Mexique: Michoacán)
  16. xinca

Amérique du Sud

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