Oie

Oie /wa/ est un nom vernaculaire ambigu en français. Les oies forment un groupe d'oiseaux appartenant à la famille des anatidés parmi laquelle on trouve aussi les cygnes et les canards. Le terme « oie » ne désigne pas spécifiquement les espèces du genre Anser, ni même les espèces de la sous-famille des Anserinae. Ainsi on qualifie volontiers les Anserinae, que ce soit les bernaches et les céréopses, d'oies mais aussi les ouettes regroupées au sein des Tadorninae. Ce sont des oiseaux aquatiques assez grands, apparentés aux canards (plus petits) et aux cygnes (plus grands). On distingue aussi les oies sauvages et les oies domestiques. Les oies cacardent.

La plupart des espèces d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord sont migratrices à l'état sauvage. Les différentes espèces d'oies sont principalement végétariennes, quelques espèces peuvent même nuire aux agriculteurs en pâturant leurs champs.

Les petits s'appellent des oisons. Le terme jars ne s'applique qu'aux mâles des oies domestiques.

Plusieurs espèces d'oies ont été domestiquées. L'Oie cendrée (Anser anser) est à l'origine des races européennes, mais en Asie l'Oie cygnoïde (Anser cygnoides) possède une histoire tout aussi longue. Les races d'oies domestiques sont donc issues de ces deux espèces indépendamment ou de leurs hybrides qui ne sont pas stériles.

Le substantif féminin[1],[2],[3],[4] « oie » (prononcé [wa] ou [wɑ][2]) est une réfection[2], d'après oiseau[1],[2],[5], de l'ancien français[2],[5] oe, oue (« oie »), lui-même emprunté[1], par l'intermédiaire[1] du latin tardif[2],[3] puis médiéval[1] auca[1],[2],[3],[4],[5] (« oiseau »[6], en particulier « oiseau de basse-cour »[5] puis « oie »[6]), du latin[1] classique[4] avis[1],[2],[3],[4],[5] (« oiseau »[7]). Auca serait une contraction[2] d'un *avica, dérivé de avis[2],[3]. La forme oie est régionale, la forme normale en ancien français étant oue[8] (cf. Rue aux Ours, à Paris, réfection, par fausse étymologie, de la Rue aux Oues, c'est-à-dire, la « Rue des Oies »)[9].

Le latin auca se retrouve dans d'autres langues romanes que le français : l'occitan (auca), le catalan (oca), l'italien (oca).

En revanche, l'ensemble des dénominations des langues indo-européennes dont le latin classique (Anser) dérive d'un terme indo-européen originel spécifique *ghans (que l'on retrouve dans le sanskrit Hamsa).

La bergère aux oies, T. Axentowicz, 1883

La plupart des espèces d'oies sont principalement végétariennes et complètent leur diète par des mollusques ou larves d'insectes. On a aussi observé des oies rechercher des coquilles de certains mollusques bivalves au printemps, probablement pour leur teneur en calcium, alors que les femelles vont avoir besoin de produire des œufs. Ce calcium pourrait aussi réduire la gravité des intoxications saturnines induites par l'ingestion de billes de plomb de chasse (confondues avec les petits cailloux ronds ingérés comme gastrolithes par de nombreux oiseaux)[10].

Genre Anser

Genre Anser ou Chen (dépendant de l'autorité)

Genre Branta, les bernaches

Genre Cereopsis

Genre Plectropectus

La Gardienne d'oies, peinture réaliste
(œuvre de William Bouguereau - XIXe siècle)

Les Oies de Meïdoum, en Égypte, sont une des plus anciennes représentations d'oies. Aphrodite a plusieurs fois été représentée sur un char tiré par des oies blanches ou des cygnes[11], mais chez les anciens Grecs l'oie ou le cygne sont porteurs de la même symbolique. Chez les peuples gaulois, c'est Belisama qui est représentée chevauchant une oie. Chez les Romains, l'oie est associée au culte de Minerve.

Une fable d'Ésope raconte l'histoire d'un fermier possédant une oie pondant des œufs d'or ; il décide de la tuer afin d'obtenir tous les œufs d'or à la fois, mais perd ainsi la source de sa richesse. La Fontaine a écrit La Poule aux œufs d'or qui reprend la même histoire avec un autre oiseau.

Tite-Live raconte l'épisode des oies du Capitole qui sauvèrent Rome par leurs cris vers -390, lorsque des Gaulois attaquèrent le Capitole de nuit.

Le jeu de l'oie est un jeu ancien de divination encore très apprécié des enfants. Le jeu du Monopoly en est une version moderne.

L'oie, parfois représentée comme un cygne dans l'iconographie moderne, est un des véhicules (vahana) du dieu hindou Brahmâ, dieu-Créateur – « l'Aïeul de tous les êtres » – de la mythologie hindoue, né dans un œuf d'or rayonnant de Lui-même : l'« Univers » étant d'ailleurs traduit littéralement dans les langues indiennes par l'Œuf de Brahmâ : Brahmânda (« Univers »)[12].

Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède (également à l'origine du dessin animé Nils Holgersson), est un roman qui décrit le voyage d'un enfant réduit magiquement en taille qui est emporté par le jars de la ferme et accompagne un troupeau d'oies sauvages à travers toute la Suède dans leur migration vers la Laponie.

L’oie est un des esprits totems de la roue de la vie des Amérindiens. En Chine, l’oie est considérée comme un principe yang qui illumine la nature. Pour les Tchéous l'oie symbolise le mariage, le mari doit offrir une oie lors de la signature du contrat de fiançailles.

La patte d'oie est un symbole magique du Moyen Âge. Les lépreux devaient porter une patte d’oie jaune, alors symbole d'impureté. La reine Pédauque, pé d'auca = pied d'oie, une reine lépreuse, connue par le roman La Rôtisserie de la reine Pédauque, en est une illustration.

Le Juif à l'oie, N. Grigorescu, 1880

Plusieurs tableaux montrent un Juif tenant une oie, symbole ici de sa supposée cupidité.

Oie de Paul Gauguin
  • La ville de Visé est surnommée la « Cité de l'Oie » et ses habitants, appartenant ou non à la Confrérie de la Délicieuse Oie du Gay Savoir en Bien Mangier, y préparent traditionnellement[13] l’« oie à l’instar de Visé », cuisant le volatile dans un bouillon de légumes qui sert ensuite de fond pour une sauce à l’ail, puis le découpant, en panant les morceaux de cuisse qui vont être poêlés comme les morceaux de poitrine, juste avant d’être dressés et servis avec la sauce.

Manger une oie à la Saint-Martin est une tradition du nord de l'Europe qui consiste à consommer une oie le jour de la Saint-Martin, à savoir le , dans une période où les oies sont les plus grasses. La légende raconte que saint Martin de Tours, pour éviter d’être nommé évêque s'était caché parmi les oies mais qu'il avait été trahi par leur caquètement. Cette tradition est originaire d'Autriche. Pour les personnes pauvres, l'oie souvent chère est remplacée par une autre volaille.

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